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Syrie : l'ONU appelle à mettre fin au "bain de sang" à la Ghouta

© Hasan Mohamed, AFP | Un enfant dans les ruines de Douma, dans la Ghouta orientale, le 13 mars 2018.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/03/2018

Les États-Unis ont déposé, lundi, à l'ONU, au 23e jour d'un assaut ravageur sur la Ghouta, une nouvelle résolution pour un cessez-le-feu immédiat, en dénonçant l'attitude de Moscou et Damas qui "n'ont jamais eu l'intention d'appliquer" une trêve.

Les bombes syriennes continuaient, lundi 12 mars, de s'abattre sur des localités rebelles de la Ghouta orientale assiégée et morcelée. Depuis plus de trois semaines, 1 170 civils ont péri, dont 241 enfants, et plus de 4 400 ont été blessés depuis le lancement d'une campagne aérienne d'une rare intensité suivie d'une offensive terrestre par les forces du président Bachar al-Assad, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

>> À voir : Un déluge de feu sous les yeux d'une communauté internationale paralysée

Face à cette situation jugée catastrophique par les ONG, l'ambassadrice Nikki Haley a de nouveau menacé Damas. "Nous mettons aussi en garde toute nation déterminée à imposer ses volontés par des attaques chimiques et des souffrances humaines, et en plus particulièrement le régime syrien : Les États-Unis restent prêts à agir si nous le devons", a-t-elle dit.

Un accès humanitaire immédiat

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé lui un accès humanitaire immédiat dans la Ghouta orientale, lors d'un exposé sur la non-application de la trêve exigée il y a 15 jours par le Conseil de sécurité. Sans citer la Russie, il a aussi appelé "tous les États" à faire en sorte que la trêve soit appliquée. La France a elle demandé à Moscou de faire "arrêter le bain de sang", par la voix de son ambassadeur à l'ONU, François Delattre.

Rétorquant aux mises en cause des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a estimé que ces pays ne sont pas motivés par des considérations humanitaires, en laissant entendre qu'ils cherchaient avant tout à défendre des groupes opposés au régime syrien.

Minée par les divisions, la communauté internationale a été jusque-là impuissante à stopper le conflit. Le régime d'Assad, avec le soutien vital de la Russie intervenue dans la guerre en 2015, a réussi à enchaîner les victoires face aux rebelles et aux jihadistes et à reprendre le contrôle de la moitié du territoire.

Négociations pour évacuer les civils

En attendant, dans la Ghouta orientale, le régime mène, parallèlement aux bombardements, des négociations en vue de pousser à une sortie des civils qui le souhaiteraient et des rebelles, selon l'OSDH. Ces négociations n'ont pour l'instant pas abouti. Cette politique a été suivie par Damas dans les autres bastions insurgés ces dernières années.

Lundi, à Douma, la plus grande ville de la région qui a été complètement isolée, la situation est restée relativement calme avec des tirs sporadiques, comparé au déluge de feu des dernières semaines, selon un correspondant de l'AFP sur place. Profitant de ce rare moment d'accalmie, les habitants sont sortis des abris pour inspecter leurs maisons et s'approvisionner. Des résidents ont circulé dans les rues dévastées, d'autres se sont regroupés devant une boucherie, la viande étant assez abondante sur le marché grâce aux fermiers ayant fui les zones rurales prises par les forces prorégime.

>> À lire : Les selfies de guerre d'un adolescent sèment le trouble

Quelque 400 000 habitants de l'enclave rebelle subissent depuis 2013 un siège asphyxiant des forces pro-Assad et la nouvelle offensive a encore détérioré leurs conditions de vie : pénuries de nourriture, de médicaments et nulle part où fuir.

Sur un autre front de la guerre aux multiples acteurs en Syrie, la Turquie voisine poursuit son offensive lancée le 20 janvier contre la région d'Afrin pour en chasser les forces des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qu'elle qualifie de "terroriste".

Les forces d'Ankara contrôlent désormais près de 60 % de cette enclave kurde et avancent désormais de toutes parts vers la ville du même nom, poussant des centaines de civils à fuir, selon l'OSDH.

Avec AFP

Première publication : 13/03/2018

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