Accéder au contenu principal

Empoisonnement de l'ex-espion : le Royaume-Uni expulse 23 diplomates russes

La Première ministre britannique, Theresa May, lors d'une déclaration devant la Chambre des communes le 14 mars 2014 à Londres.
La Première ministre britannique, Theresa May, lors d'une déclaration devant la Chambre des communes le 14 mars 2014 à Londres. HO / AFP

Le Royaume-Uni, qui tient Moscou pour responsable de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Krispal sur son sol, a annoncé mercredi l'expulsion de 23 diplomates russes et le boycott politique de la Coupe du monde de football en Russie.

Publicité

La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, mercredi 14 mars, la "suspension des contacts bilatéraux" avec Moscou et l'expulsion de 23 diplomates russes sur 59 accrédités au Royaume-Uni, après avoir jugé la Russie "coupable" de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

"Cela (l’empoisonnement) constitue un usage illégal de la force par l'État russe contre le Royaume-Uni", a estimé Theresa May, qui s'exprimait devant la Chambre des communes après l'expiration, le 13 mars à minuit, d'un ultimatum qu'elle avait fixé à la Russie pour fournir des explications. "Il était juste d'offrir à la Russie l'opportunité de fournir une explication mais sa réaction trahit un mépris total pour la gravité de ces événements", a-t-elle dit, insistant: "Ils n'ont fourni aucune explication crédible".

Cette décision fait partie d'une vague de mesures de rétorsion à l'égard de la Russie. S'y ajoute le boycott de la prochaine Coupe du monde de football, en Russie, par les membres du gouvernement et de la famille royale britannique, et la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, prévue mercredi à 19 heures GMT.

Le ministère des Affaires étrangères a, enfin, mis en garde les Britanniques souhaitant se rendre en Russie des risques de réactions hostiles. "En raison des tensions politiques accrues […], vous devez être conscients de la possibilité de sentiments anti-britanniques et de harcèlement en ce moment. Il vous est conseillé de rester vigilant, d'éviter toute manifestation et d'éviter de commenter publiquement les derniers développements politiques", écrit le ministère qui a changé mercredi après-midi ses conseils aux voyageurs sur son site internet.

La France attend la fin de l'enquête

Theresa May a précisé regretter "la voie" suivie par Vladimir Poutine en matière diplomatique, lors d'une allocution devant les députés britanniques. "Beaucoup d'entre nous ont tourné leurs regards avec espoir vers la Russie post-soviétique. Nous voulions une meilleure relation et il est tragique que le président Poutine ait choisi de suivre cette voie", a-t-elle dit.

L'ambassade de Russie a dénoncé dans la foulée un acte "hostile, inacceptable et injustifié". Il n'est pas exclu que Moscou expulse en guise de représailles plus de 23 diplomates britanniques, a réagi le même jour Vladimir Djabarov, vice-président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement russe, cité par l'agence russe RIA.

La France, quant à elle, a exprimé mercredi soir par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sa "pleine confiance dans les investigations que conduisent [ses] partenaires britanniques". "Dans les heures qui viennent, la France sera au plus haut niveau en contact avec les autorités britanniques pour coordonner notre réponse", a assuré le chef de la diplomatie française, dont l’entourage a toutefois refusé de préciser la teneur de cette "réponse".

"Ce qui s'est passé en Grande-Bretagne, c'est un acte très grave. (...) Je rappelle que la Grande-Bretagne est un allié stratégique et historique de la France", avait estimé plus tôt le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Avec AFP et Reuters

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.