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Émotion au Brésil après le meurtre d’une conseillère municipale et militante à Rio de Janeiro

La conseillère municipale de Rio de Janeiro Marielle Franco a été retrouvée morte, le 15 mars 2018.
La conseillère municipale de Rio de Janeiro Marielle Franco a été retrouvée morte, le 15 mars 2018. Twitter

La conseillère municipale et militante des droits humains Marielle Franco a été assassinée, mercredi, à Rio. Elle protestait depuis février contre la décision du président de confier à l'armée la sécurité de Rio pour enrayer la violence.

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Marielle Franco rentrait d’un rassemblement pour la promotion des femmes noires, mercredi 14 mars, lorsqu’elle et son chauffeur ont été brutalement assassinés dans leur voiture, en plein centre de Rio de Janeiro. Sa mort a suscité une vague d'émotions, au Brésil, où des manifestations ont été organisées, jeudi. Plusieurs centaines de personnes se sont d'ores et déjà rassemblées dans le centre de la deuxième ville du pays pour exprimer leur colère.

À 38 ans, cette militante du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche) présentait un parcours politique impressionnant. Femme noire née dans les favelas et devenue sociologue, elle avait fait mentir les pronostics en étant élue au conseil municipal de Rio de Janeiro avec 46 500 voix en 2016.

"C'est une exécution"

Défenseuse acharnée des droits des femmes, dans des favelas où celles-ci sont souvent victimes de violences conjugales, Marielle Franco n’avait pas fait état récemment de menaces à son encontre, ont déclaré le PSOL et ses alliés, qui réclament une "enquête immédiate et rigoureuse".

Son assassinat n’en constitue pas moins une "exécution", a dénoncé son ami proche et député du PSOL dans l’État de Rio, Marcelo Freixo, qui s’est rendu sur les lieux dès qu’il a été prévenu. "La scène est clairement celle d’une exécution. Les tirs étaient tous dirigés contre elle. Ils étaient tous ceux d’un professionnel", décrit-il. Des sources concordantes au sein des forces de l’ordre font état de neuf tirs contre le véhicule de Marielle Franco, apparemment dirigés contre la conseillère municipale, rapporte AP.

Au cours des dernières semaines, Marielle Franco avait dénoncé une hausse de la violence policière dans les favelas. Elle s'était aussi opposée à la décision du président brésilien Michel Temer, le 16 février, de confier à l'armée la sécurité de Rio pour tenter de contenir l'escalade de la violence, qui ne cesse d'augmenter depuis la fin des Jeux olympiques de 2016.

Une de ses dernières interventions sur Twitter dénonçait justement une potentielle bavure policière : "Encore un homicide, d’un jeune homme, qui pourrait être attribué à la police. Matheus Melo sortait de l’église quand il a été tué. Combien d’autres devront mourir avant que cette guerre se termine ?".

Hommages

Les hommages se sont multipliés, au lendemain de sa mort. Le PSOL s’est dit "fier de l’action de Marielle en tant que conseillère municipale et en tant que militante des droits humains". "Nous l’honorerons en poursuivant sa lutte", ajoute le parti dans un communiqué.

"Plus qu’une amie, Marielle était le symbole de nos conquêtes les plus importantes, abonde une de ses proches, Daiene Mendes, auprès de l’agence de presse AP. Une femme comme nous, noire, issue des favelas, assez forte pour affronter les obstacles institutionnels qui nous tiennent à distance de la politique."

L’ancienne présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a aussi réagi dans un communiqué. "Triste jour pour un pays que celui où une défenseuse des droits humains est brutalement assassinée", note-t-elle, regrettant la perte d’une "combattante sociale acharnée".

Michel Temer a dénoncé "un attentat contre l'État de droit et la démocratie" et s'est dit prêt à mettre la police fédérale à la disposition des autorités de Rio pour les assister dans l'enquête. Le gouverneur de centre droit de l'État de Rio, Luiz Fernando Pezao, a, lui, dénoncé un acte d'une "extrême lâcheté", et le maire évangéliste de la ville a condamné cet "assassinat brutal".

Des marches de protestation sont prévues jeudi dans plusieurs villes, dont Rio, devant l'Assemblée législative et dans d'autres endroits de la ville, ainsi qu’à Sao Paulo et à Belo Horizonte.

Avec AFP et AP

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