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FRANCE

Olivier Faure, l’homme qui veut faire renaître le Parti socialiste

© Stéphane de Sakutin, AFP | Olivier Faure, vendredi 16 mars 2018, au siège du Parti socialiste à Paris.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 16/03/2018

Apparatchik pour les uns, homme loyal et capable de rassembler pour les autres, le futur premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, espère redonner une place à la "gauche de gouvernement" sur l’échiquier politique.

Assuré de devenir le futur premier secrétaire du Parti socialiste après le désistement de Stéphane Le Foll, Olivier Faure, 49 ans, avait le triomphe modeste, vendredi 16 mars, au moment de s’exprimer devant les journalistes au siège du parti. "Je mesure le chemin qui reste à parcourir", a-t-il concédé, soulignant que le PS devait "regagner la confiance [des] concitoyens en prouvant [qu’il avait] changé".

Le député de Seine-et-Marne, qui a fait campagne sur le thème de la "renaissance" du Parti socialiste, veut prouver que sa formation n’est pas encore morte et enterrée. Le premier tour de l’élection du premier secrétaire a d’ailleurs montré que le PS, qui a subi des déroutes électorales à la présidentielle et aux législatives de 2017, bouge encore. Environ 40 000 adhérents ont ainsi fait l’effort de se déplacer dans leur fédération pour choisir leur futur patron quand le parti tablait sur 30 000 votants.

"Les adhérents ont envie de retrouver une espérance qui leur permette de se dire que ce parti, qui a été à l’origine de toutes les grandes conquêtes sociales, de toutes les grandes libertés publiques, n’est pas en train de disparaître progressivement comme d’autres partis qui ont dominé la gauche autrefois et qui se sont progressivement éteints", confiait Olivier Faure à France 24, une semaine avant le premier tour.

Le patron du groupe "La nouvelle gauche" à l’Assemblée nationale sera-t-il capable de relever le Parti socialiste ? Ancien conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi (1997-2000), ancien directeur adjoint du cabinet de François Hollande lorsque ce dernier était premier secrétaire du PS (2000-2007) et proche de Jean-Marc Ayrault, dont il a été un temps le conseiller à Matignon, Olivier Faure est un fin connaisseur du parti pour les uns, la définition d’un apparatchik pour les autres. Son ancien adversaire, Luc Carvounas, disait ainsi qu’avec lui à la tête du PS, ce serait "business as usual" – autrement dit un parti coupé du terrain et où les petits marchandages entre cadres et élus sont la norme.

Le retour de la synthèse

"Si par apparatchik on désigne un homme qui a fait le choix depuis longtemps de l’engagement politique, alors oui, j’accepte le terme, se défend Olivier Faure, qui revendique aussi le fait "d’avoir été loyal" à François Hollande, tout en rappelant qu’il avait aussi "sonné l’alerte sur la déchéance de nationalité ou la Loi travail". Ces deux propositions portées par l’ancien président avaient divisé la majorité socialiste et terni un peu plus la fin du quinquennat.

Olivier Faure s’est en effet construit ces dernières années l’image d’un homme qui recherche constamment le compromis. Encore aujourd’hui à la tête du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, il ne cesse de jouer les équilibristes entre une aile indulgente vis-à-vis d’Emmanuel Macron et une autre qui lui est franchement hostile.

>> À voir : Débat du PS, un inventaire du quinquennat de François Hollande ?

Ce goût pour la synthèse, qui rappelle franchement François Hollande, lui a d’ailleurs été reproché par ses adversaires. Mais là encore, le nouveau patron du PS rejette en bloc la critique.

"La politique, cela consiste précisément à trouver le moyen d’avancer ensemble et de bâtir des compromis, explique-t-il à France 24. Donc cette idée de la synthèse molle est une idée ridicule. Pour être élu, François Mitterrand a réussi à réunir autour de lui des gens qui allaient de Jacques Delors à Henri Emmanuelli. Quand Lionel Jospin a gouverné, il l’a fait avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn dans la même équipe. Et François Hollande a aussi pu remporter la présidentielle en 2012 parce qu’il avait rassemblé les socialistes. Je ne connais pas d’autre méthode. Tout simplement parce que des chefs qui divisent, je n’en ai jamais vu réussir."

Des "chantiers thématiques" pour reconstruire un projet

Rassembler, bâtir un projet commun, faire revenir les électeurs partis en 2017 chez Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron : voilà l’immense défi qui se présente désormais à Olivier Faure, qui assure ne pas vouloir être le premier secrétaire "qui permettra qu’on rejoue sans cesse le match entre les légitimistes et les frondeurs". "Il faut passer à autre chose, dit-il. Il faut être dans le dépassement et dans la capacité à inventer un autre avenir."

Pour y parvenir, celui qui avait reçu durant la campagne le soutien d’un grand nombre de figures du PS – de Martine Aubry à Najat Vallaud-Belkacem – compte prendre son temps et a mis en avant durant la campagne une méthode. Les deux années qui viennent seront notamment consacrées à l’élaboration du projet socialiste, thématique par thématique. Les adhérents et les sympathisants seront invités à participer aux débats, tout comme les experts sur chaque sujet abordé. De ces chantiers thématiques sortiront plusieurs options qui seront expliquées aux militants. Ceux-ci auront enfin à se prononcer via un vote électronique.

>> À lire : Qui pour sauver le Parti socialiste ?

"Les frondeurs se sont nourris du fait qu’il y avait une absence de débat au Parti socialiste comme au groupe à l’Assemblée, explique Olivier Faure. Avec moi, il y aura un respect des options choisies parce qu’il y aura eu en amont une forme de collégialité dans la prise de décision et qu’on aura tous eu la possibilité d’exprimer nos positions, y compris quand on n’est pas d’accord."

Cette approche fonctionnera-t-elle et sera-t-elle suffisante pour faire revenir les électeurs ? Le nouveau patron du PS ne se fait pas d’illusion et a bien conscience qu’il lui faudra du temps pour reconstruire un parti aujourd’hui à l’agonie. "Faisons preuve d’humilité parce que quand on a fait 6 % à la présidentielle, il faut se remettre en question radicalement", reconnaît-il. Après les discours d’intention, place désormais aux actes.

Première publication : 16/03/2018

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