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Billet retour

Irlande : les anges oubliés de Tuam

Capture d'écran France 24

Nos reporters sont retournées en Irlande, où les restes de 800 enfants, morts à l’orphelinat de Tuam entre 1925 et 1961, ont été retrouvés dans une fosse commune. Les survivants racontent la douleur et la reconstruction d'une enfance volée.

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De 1925 à 1961, à Tuam, dans l’ouest de l’Irlande, des milliers d'enfants pauvres ou nés hors mariage ont été placés au sein de l’orphelinat du Bon Secours, une maison maternelle financée par l’État et dirigée par des religieuses. C’est là que leurs mères, des "filles perdues" comme on les appelait à l’époque, accouchaient et étaient obligées d’y abandonner leur bébé. Beaucoup de ces enfants sont décédés à la suite de négligences et de manque de soins appropriés, tandis que leurs mères ont été forcées à travailler dans des laveries pour payer les rentes de leurs "bâtards".

Pendant des décennies, cette tragédie a été effacée de la mémoire collective. Impossible, en Irlande, de remettre en question la toute-puissante Église catholique.

Abomination

Catherine Corless, une passionnée d’histoire locale qui a fréquenté la même école que les enfants de l’orphelinat du Bon Secours et en a vu certains disparaître, a décidé d’enquêter sur leur sort. Le 25 mai 2014, le résultat de ses investigations, publié dans le "Irish Mail", fait l’effet d’une bombe. "Une fosse commune de 800 enfants", titrent les tabloïds.

Le scandale des "anges oubliés de Tuam" bouleverse le pays, obligeant le gouvernement à réagir. En juin 2014, le Premier ministre Enda Kenny qualifie "d’abomination" le traitement de ces femmes et ces enfants, et annonce la création d’une commission d’enquête.

>> Le scandale des bébés du "péché" traumatise l'Irlande

En mars 2017, le rapport de la Commission confirme les intuitions de Catherine Corless en indiquant que "des quantités significatives de restes humains d’enfants" ont été retrouvés enterrés sous l’orphelinat des sœurs du Bon secours. Depuis, le devenir des dépouilles n’a pas été tranché.

Nous sommes allés à la rencontre de Catherine Corless et nous sommes plongées dans ses archives. Nous avons suivi les démarches des enfants survivants de Tuam. Certains cherchent un proche, d’autres attendent une reconnaissance et des excuses. Quant aux autorités et à l’Église, elles ont refusé de nous répondre. Durant des semaines, nous les avons contactées pour leur demander de nous accorder une interview, sans succès. Preuve, s’il en fallait, que le sort des anges de Tuam continue d’embarrasser le gouvernement.

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