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Dernière modification : 16/03/2018

Kosovo, les maux de l'indépendance

© France 24

Il y a un mois, le Kosovo, dernier-né des pays d’Europe, fêtait les dix ans de son indépendance. Ce petit État des Balkans, à majorité albanaise et à minorité serbe, est encore très marqué par la guerre qui l'a opposé à la Serbie de 1998 à 1999, et s'est achevé par sa déclaration d'indépendance. Entre pauvreté, chômage, corruption, chaos politique et exode massif de sa population, le pays peine à se construire un avenir.

Dernier-né des pays d’Europe, le Kosovo a fêté les dix ans de son indépendance le 17 février 2018. Un statut qui n’est reconnu que par une partie de la communauté internationale, dont les États-Unis et 22 pays de l’Union européenne. La Serbie, elle, refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne province. Elle est notamment soutenue par la Russie et la Chine, ce qui empêche le Kosovo d’être membre des Nations unies et d’un certain nombre d’organisations internationales.

>> Billet retour : "Kosovo, l'impossible État"

Depuis 2011, des négociations entre Belgrade et Pristina, les capitales respectives de la Serbie et du Kosovo, se déroulent sous l’égide de Bruxelles. Elles ont permis de régler un certain nombre de problèmes du quotidien pour les populations, mais la mauvaise volonté évidente dont font preuve les deux parties en présence en limitent les avancées...

Le chômage atteint 60 % chez les jeunes

Le Kosovo est le deuxième pays le plus pauvre du continent européen et le premier des Balkans. Le chômage des jeunes, qui forment la majorité de la population, y atteint 60 %. Pour beaucoup d’entre eux, la capitale Pristina agit comme un aimant en raison des possibilités d’études qu'offrent l’université et une myriade d’écoles privées. Mais là, comme dans le reste du pays, les débouchés professionnels y sont extrêmement limités et les conditions de vie de plus en plus difficiles. Le salaire moyen y est inférieur à 400 euros, en baisse depuis 2016, sans parler du salaire pour les emplois non qualifiés qui peut descendre à 150 euros par mois. Une misère.

Aussi, la tentation d'émigrer en Suisse ou en Allemagne est omniprésente, d’autant que la migration à objectif économique est fréquente et ancienne au Kosovo. Elle est même l’un des piliers de l’économie du pays, puisque l’aide financière envoyée par les travailleurs à l’étranger représente 17 % de son PIB.

Un pays qui se vide

Bien que des élections soient organisées régulièrement et que de nombreuses organisations internationales, dont l’Union européenne et les Nations unies, soient toujours présentes sur place, un climat de clientélisme politique a permis à de nombreux ex-commandants de la guérilla albanaise de l’UCK de rester dans les structures du pouvoir. C’est notamment le cas de l’actuel président de la République, mais aussi du Premier ministre, du président du Parlement et de nombreux ministres. Résultat : le pays est aujourd’hui verrouillé.

En 2014, après les élections législatives en juin, le Premier ministre d’alors, qui refusait de quitter le pouvoir, avait engendré un blocage institutionnel de huit mois et était finalement parvenu à rester au gouvernement. Le désespoir causé par cette crise, allié aux mauvaises conditions économiques, avait provoqué un exode migratoire sans précédent en temps de paix. Au total, 120 000 personnes, soit presque 7 % de la population, avaient pris la route de l’Union européenne à la recherche d’une vie meilleure.

Depuis, l’envie de quitter le Kosovo est devenue un sentiment dominant au sein de la population, et notamment chez les Serbes qui y vivent encore. Même si les problèmes de violences que subissait cette minorité semblent appartenir au passé, la dégradation des conditions de vie provoque aujourd’hui un exode des Serbes, cette fois à destination de la Serbie voisine.

Par Laurent ROUY

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