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XV de France: à l'ouverture, le chantier n'avance pas

© AFP | François Trinh-Duc, à l'ouverture du XV de France, a été en difficulté contre le pays de Galles à Cardiff, le 17 mars 2018

CARDIFF (ROYAUME-UNI) (AFP) - 

Jalibert, Belleau, Beauxis, Trinh-Duc: quatre ouvreurs se sont succédé aux commandes du XV de France pendant le Tournoi des six nations, achevé samedi sur une défaite au pays de Galles (14-13), mais aucun n'est parvenu à s'y installer.

Matthieu Jalibert s'est blessé d'entrée contre l'Irlande (13-15), sans avoir eu le temps de faire ses preuves. Anthony Belleau a raté la pénalité qui aurait pu mettre les Bleus à l'abri du drop victorieux de Jonathan Sexton. Lionel Beauxis a paniqué en fin de match face à l'Angleterre (22-16), redonnant deux fois le ballon au XV de la Rose sur des dégagements mal sentis.

François Trinh-Duc, enfin, a tenu son rôle dans l'animation à Cardiff mais a commis quatre bévues dans le jeu courant (ballon non capté, touche non trouvée, en-avant et pénalité ratée) qui ont coûté très cher aux Bleus.

Le débat est récurrent: le rugby français pâtit depuis des années d'une pénurie de N.10 qui finit toujours par rejaillir sur sa sélection. En 2017, Camille Lopez s'était imposé aux yeux du sélectionneur Guy Novès, mais le Clermontois s'est gravement blessé en octobre et n'est pas encore revenu à la compétition.

"C'est un problème générationnel, tu es dans un creux", estime Guy Accoceberry, ex-demi de mêlée du XV de France. "Il y a de très bons jeunes qui vont arriver mais ils sont encore trop jeunes".

En Top 14, les ouvreurs étrangers (Carter, Cruden, Lamb, James, M. Steyn, Urdapilleta, Hickey, Botica, McIntyre) font la loi et parmi les espoirs français, seuls Matthieu Jalibert (Bordeaux-Bègles, 19 ans) et Anthony Belleau (Toulon, 21 ans) ont émergé depuis 2017. En attendant l'éclosion attendue de Romain Ntamack (18 ans), installé avec l'équipe de France des moins de 20 ans, et de Louis Carbonel (Toulon, 19 ans), qui ont débuté leur carrière professionnelle cette saison.

- Les sélectionneurs responsables ? -

Le sélectionneur Jacques Brunel avait d'ailleurs fait le pari de la jeunesse pour ce Tournoi en retenant Jalibert et Belleau. Mais la blessure du premier et l'exclusion du second après la virée nocturne à Edimbourg l'ont forcé à rappeler deux ouvreurs expérimentés, Beauxis et Trinh-Duc.

"Rappeler Lionel Beauxis, c'était une hérésie", s'emporte Accoceberry. "Tu le rappelles parce qu'il a fait 3 bons matches avec Lyon mais cela fait 3-4 ans qu'il n'est plus titulaire en Top 14. Tu lui fais plaisir mais tu ne lui rends même pas service. La fin de match contre l'Angleterre... Trinh-Duc hier, c'est pareil. Ces joueurs auraient mérité de sortir par une autre porte", estime l'ancien international (19 sélections entre 1994 et 1997).

Les derniers sélectionneurs (Marc Lièvremont, Philippe Saint-André, Guy Novès) ont leur part de responsabilité dans l'instabilité chronique à ce poste. Beauxis et Trinh-Duc en sont deux exemples frappants.

"Les différents staffs ne leur ont pas fait confiance. Ils auraient peut-être un meilleur niveau actuellement s'ils avaient pu jouer en continuité en équipe de France", affirme Accoceberry, rappelant les exemples des Coupes du monde 2011 (le demi de mêlée Morgan Parra plutôt que Trinh-Duc en finale) et 2015 (Frédéric Michalak rappelé à 32 ans).

- Bien préparer 2023 -

L'émergence de Jalibert et Belleau offre des perspectives pour la suite, à savoir la Coupe du monde 2023 organisée en France.

"Je serais pour installer une charnière de 4 joueurs qui ont entre 20 et 24 ans pour qu'en 2023, ils soient prêts," réclame Accoceberry.

Les meilleures nations ont, a contrario, fait preuve de constance avec leur N.10: Beauden Barrett a pris la place de Dan Carter chez les All Blacks, Finn Russell (Ecosse) et Dan Biggar (Galles) font la loi chez eux et Jonathan Sexton, associé à Conor Murray, vient de faire triompher l'Irlande à 32 ans.

"Les grands dix, ce sont des joueurs complets qui sont souvent des tauliers de leur équipe. L'Irlande ne fait pas le Grand Chelem par hasard: sa charnière est installée depuis des années", estime Accoceberry, qui demande d'arrêter le "coup par coup".

© 2018 AFP