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Moyen-Orient

Après Afrin, Erdogan promet d'élargir l'offensive turque à d'autres villes syriennes

© Omar Haj Kadour, AFP | Rassemblement de soldats turcs à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, le 18 mars 2018.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/03/2018

Au lendemain de la prise de l'enclave d'Afrin par les forces d'Ankara, le président Erdogan a annoncé, lundi, que la Turquie poursuivra son opération militaire dans le nord de la Syrie, dans les villes détenues par les milices kurdes.

Le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé, lundi 19 mars, que la Turquie allait élargir son offensive dans le nord de la Syrie à d'autres villes tenues par une milice kurde.

"En prenant hier [dimanche] le contrôle de la ville d'Afrin, nous avons laissé derrière nous l'étape la plus importante de l'opération" baptisée "Rameau d'olivier", a-t-il déclaré lors d'un discours à Ankara. "Maintenant, nous allons poursuivre ce processus jusqu'à la destruction totale de ce corridor constitué de Minbej, Aïn al-Arab [nom arabe de Kobané], Tal Abyad, Ras al-Aïn et Qamichli".

>> À lire : L'ultra-gauche monte au front

La Turquie qualifie de "corridor terroriste" la bande de territoires contrôlés par des groupes kurdes dans le nord de la Syrie et de l'Irak, à la frontière turque. La ville d'Afrin, dont la région constituait l'extrémité occidentale de ce "corridor" kurde, a été prise dimanche par des militaires turcs et leurs supplétifs syriens.

Recep Tayyip Erdogan avait déjà affirmé qu'après Afrin, les forces turques marcheraient en direction de Minbej, située à une centaine de km à l'est. Cependant, une telle initiative serait potentiellement explosive, car des centaines de militaires américains, qui soutiennent les YPG dans leur lutte contre l'organisation État islamique (EI), y sont déployés. "Il y a encore quelques semaines, certains haut gradés américains avaient affirmé qu’ils ne toléreraient aucune incursion militaire turque", explique Fatma Kizillboga, correspondante de France 24 en Turquie.

Fatma Kizilboga, correspondante de France 24 en Turquie

Washington a par ailleurs mis en garde lundi Ankara, son allié à l'OTAN, après la prise par les forces turques de l'enclave d'Afrin. "Nous avons à plusieurs reprises exprimé notre profonde préoccupation aux autorités turques à propos de la situation à Afrin", écrit la porte-parole du département d'État, Heather Nauert, dans un communiqué. "Nous sommes également préoccupés par les informations sur du pillage" dans la ville, poursuit-elle.

"Nettoyer le Sinjar du PKK"

Le chef de l'État turc a également évoqué lundi une possible opération dans le nord de l'Irak, si le gouvernement central à Bagdad tardait à agir contre les éléments du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui y disposent de bases arrières et de camps d'entraînement.

"Si vous devez le faire, faites le. Si vous n'êtes pas en capacité de le faire, alors, une nuit, nous pourrons soudainement entrer dans le Sinjar pour le nettoyer du PKK", a déclaré M. Erdogan.

"Nous l'avons déjà dit au gouvernement central irakien. Si cette affaire traîne davantage, alors il y aura un nouveau 'Rameau d'olivier' là-bas", a assuré le président turc.

Le PKK livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984 qui a fait plus de 40 000 morts.

Ankara ne fait aucune différence entre le PKK et les YPG, considérant ce dernier groupe comme une simple extension du premier en Syrie.

Avec AFP

Première publication : 19/03/2018

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