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Offensive de charme aux États-Unis pour le prince héritier saoudien

Donald Trump et Mohammed ben Salmane, le 14 mars 2017, à la Maison Blanche.
Donald Trump et Mohammed ben Salmane, le 14 mars 2017, à la Maison Blanche. Nicholas Kamm, AFP

Mohammed ben Salmane a vu grand pour sa tournée américaine : sept villes sont au programme pour le prince héritier saoudien qui passera près de trois semaines de plus aux États-Unis pour vanter ses réformes et sa politique au Moyen-Orient.

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C'est une offensive de charme tous azimuts. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui sera reçu à la Maison Blanche mardi 20 mars par Donald Trump, compte prolonger sa tournée aux États-Unis de près de trois semaines dans plusieurs villes américaines.

Après Washington, le nouvel homme fort de Riyad, 32 ans, se rendra le 24 mars à Boston. Il rencontrera ensuite, le 26 mars,  à New York, les milieux financiers, alors que se profile l'entrée en Bourse très convoitée du groupe public pétrolier saoudien Aramco, a annoncé lundi l'ambassade d'Arabie saoudite dans un communiqué. Il s'entretiendra en outre avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

Il est ensuite attendu à partir du 30 mars sur la côte ouest des États-Unis, à Los Angeles et San Francisco, auprès des géants des nouvelles technologies comme Google et Apple, du divertissement mais aussi de la défense, comme Lockheed Martin.

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Il se rendra également à Seattle, berceau d'Amazon, et enfin, le 7 avril, à Houston à la rencontre de l'industrie pétrolière, alors que le premier exportateur mondial de pétrole veut diversifier son économie.

"Nos relations avec les États-Unis n'ont jamais été aussi bonnes", a déclaré lundi devant la presse à Washington le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir, estimant que les deux alliés avaient des visions "pratiquement identiques" sur de nombreuses crises régionales, du Yémen à l'Afghanistan en passant par le rôle jugé négatif de l'Iran au Moyen-Orient.

"La lumière" saoudienne vs. "les ténèbres" iraniens selon Riyad

Le chef de la diplomatie saoudienne a d'ailleurs insisté sur ce qui devrait être un message-clé de la première visite de "MBS" aux États-Unis : "Il y a deux visions antagonistes" dans la région, celle de "la lumière", portée par le royaume sunnite, et "la vision des ténèbres" poussée par l'Iran chiite. "Et la lumière triomphera toujours sur les ténèbres", a-t-il assuré, critiquant les "défauts" de l'accord sur le nucléaire iranien, dont le président américain menace de se retirer.

Adel Al-Jubeir a par ailleurs longuement défendu la politique de l'Arabie saoudite. Sur le Yémen, où une coalition arabe menée par Riyad est entrée en guerre en 2015 pour venir en aide au gouvernement réfugié dans le sud du pays face aux rebelles houthis soutenus par Téhéran : "Nous n'avons pas voulu de cette guerre", "nous voulons avoir un processus politique" mais les Houthis n'en veulent pas, a-t-il résumé. Il a ajouté que la délégation saoudienne expliquerait cette "réalité" aux membres du Congrès qui envisagent d'imposer des restrictions au soutien militaire américain à Riyad dans le conflit yéménite.

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Sur la crise née de la rupture des relations avec le Qatar voisin en juin, dans l'impasse malgré les tentatives de médiation américaines : "la question du Qatar" est "mineure" par rapport aux autres dossiers régionaux, a-t-il estimé. Demandant une nouvelle fois à Doha de cesser de soutenir le "terrorisme", il a assuré que les Saoudiens n'étaient "pas pressés", la résolution de cette dispute "prendra le temps qu'il faudra".

Le diplomate a enfin vanté les réformes de société de "MBS" pour moderniser un royaume porteur d'un islam rigoriste, ainsi que la purge menée, y compris contre plusieurs princes, au nom de la lutte anticorruption. "Il n'y a pratiquement aucune opposition" face à ce mouvement très rapide, "les gens nous soutiennent beaucoup", a-t-il affirmé.

Interrogé sur l'image d'un prince héritier trop pressé et qui en ferait trop, notamment dans son interventionnisme régional, le ministre a répondu : "C'est une mauvaise perception".

Avec AFP

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