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Aucun répit au Yémen, trois ans après le début de l'intervention saoudienne

Manifestation à l'appel des Houthis devant le siège de l'ONU à Sanaa, au Yémen, le 21 décembre 2017.
Manifestation à l'appel des Houthis devant le siège de l'ONU à Sanaa, au Yémen, le 21 décembre 2017. Mohammed Huwais, AFP

Les rebelles houthis au Yémen ont fait une démonstration de force lundi dans la capitale Sanaa pour marquer le troisième anniversaire de l'intervention saoudienne, peu après avoir tiré une salve de missiles sur l'Arabie saoudite.

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C’est un triste anniversaire : celui d’une guerre qui a fait près de 10 000 morts, plus de 50 000 blessés et provoqué la  "pire crise humanitaire" du moment, selon l'ONU. Le 26 mars marque les trois ans de l'intervention de la coalition militaire menée au Yémen par Riyad contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran.

En 2015, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et leurs alliés lançaient  l'opération "Tempête décisive" pour rétablir le gouvernement du président
Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé de la capitale Sanaa quelques mois plus tôt.

Pour marquer cette date, les Houthis ont organisé un grand rassemblement lundi, à Sanaa. Des dizaines de milliers de partisans des rebelles ont manifesté dans la capitale.  La place Sabyine était noire de monde en milieu de matinée et la télévision Al-Massirah des rebelles chiites houthis indiquait que des manifestants continuaient d'affluer. Chants guerriers, poèmes et discours enflammés contre l'Amérique, les juifs et les chrétiens ont émaillé la manifestation organisée sur le thème de la "résistance à l'agression".

Dimanche soir, le chef des rebelles, Abdel Malik al-Houthi, avait déjà tenu un discours de défi à l'égard de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Il a accusé les deux pays d'être les "outils de l'agression inspirée par les États-Unis" et d'avoir multiplié au Yémen "des crimes de guerre". "Nous sommes prêts à plus de sacrifices parce que notre peuple est devenu plus apte à résister à l'agression", a-t-il ajouté dans un long discours télévisé retransmis par Al-Masirah.

Tirs de missile

Comme pour prouver leur capacité de "résistance", les Houthis ont tiré dans la nuit de dimanche à lundi sept missiles balistiques qui ont été interceptés au-dessus de l’Arabie saoudite.  Trois de ces missiles ont été dirigés vers Riyad, un vers la ville garnison de Khamis Mecheit, un vers Najrane et deux vers Jazane, dans le sud de l'Arabie saoudite, a précisé dans un communiqué le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Maliki.

La Défense civile de Ryad a précisé que les débris de l'un des missiles interceptés au-dessus de la capitale avaient touché une habitation, tuant un ressortissant égyptien et blessant deux autres personnes.

"Le tir de multiples missiles balistiques vers des villes est un développement grave", a estimé le porte-parole de la coalition, le colonel Maliki, ajoutant que "cet acte agressif et hostile du groupe houthi soutenu par l'Iran prouve que le régime iranien continue d'offrir une aide militaire au groupe armé".

Négociations de paix au point mort

Les négociations de paix sont au point mort après plusieurs tentatives infructueuses des Nations unies. L'Arabie saoudite et les États-Unis ne cessent d'accuser Téhéran de fournir des armes, notamment des missiles, aux rebelles.

Téhéran dément, mais un rapport d'experts de l'ONU a conclu en janvier que l'Iran avait violé l'embargo sur les armes de l'ONU au Yémen en laissant les rebelles s'approvisionner en drones et missiles balistiques.

Vendredi, Amnesty International a accusé des pays occidentaux, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, de fournir des armes à l'Arabie saoudite et ses alliés qui se rendent coupables de "crimes de guerre potentiels" au Yémen.

Avec AFP

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