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France : Macron rend l'école obligatoire à partir de 3 ans dès la rentrée 2019

La scolarité sera obligatoire dès l'âge de trois ans en France à partir de la rentrée 2019.
La scolarité sera obligatoire dès l'âge de trois ans en France à partir de la rentrée 2019. Anne-Christine Poujoulat, AFP

Alors que s'ouvrent mardi les Assises de l'école maternelle à Paris, l'âge de la scolarité obligatoire va être abaissé à trois ans à partir de 2019. Une mesure symbolique : près de 98 % des enfants sont déjà scolarisés à cet âge.

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Dès la rentrée 2019, l’école sera obligatoire dès l’âge de 3 ans, a annoncé l'Élysée mardi 27 mars. La mesure est symbolique : la quasi-totalité des enfants fréquentent déjà la maternelle dès cet âge-là, bien que la scolarité soit actuellement obligatoire à partir de 6  ans en France. Pour Emmanuel Macron, la mesure vise surtout à reconnaître la place de l'école maternelle.

Selon l'Élysée, "la décision d'abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans traduit la volonté du président de la République de faire de l'école le lieu de l'égalité réelle et une reconnaissance de l'école maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde universel ou comme la simple préparation à l'école élémentaire".

"C'est aussi une reconnaissance des missions et des personnels de l'école maternelle", souligne-t-on dans l'entourage du ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, qui pilote les Assises de l'école maternelle, qui s’ouvrent ce mardi à Paris, avec un panel de spécialistes de l'enfance.

Série d'initiatives gouvernementales

La réforme de la maternelle en préparation succède à une série d'initiatives gouvernementales dans le domaine éducatif, après les classes de CP dédoublées dans les zones défavorisées, la modification de la procédure d'accès à l'université, la réforme du bac et de la formation professionnelle.

Depuis 1959, la scolarité est obligatoire en France pour tous les enfants de 6 à 16 ans. Mais la plupart des enfants entrent déjà à l'école dès 3 ans. Sur l'année scolaire 2015/2016, 97,6 % des petits âgés de 3 ans fréquentaient une école maternelle, selon le ministère de l'Éducation .

De nombreuses disparités existent sur le territoire, puisque le taux est par exemple de 87 % en Corse, de plus de 93 % à Paris, mais de moins de 70 % en Guyane et à Mayotte. Dans certaines zones, le taux d'absentéisme est en outre important car l'école maternelle n'est pas considérée comme indispensable.

Création de 800 postes

La mesure nécessitera la création d'environ 800 postes. "Contrairement à une crainte des syndicats, on n'aura pas besoin de prendre des postes en maternelle pour dédoubler les classes en REP" (réseaux d'éducation prioritaire renforcés), une des mesures phares du quinquennat qui doit s'étendre jusqu'en 2019, assure-t-on au cabinet du ministre.

Reste qu'avec un enseignant pour 22 enfants, la France présente un taux d'encadrement plus faible que les moyennes de l'Union européenne (1 pour 13), selon une récente note de France Stratégie (organisme rattaché à Matignon).

"Pour nous, la scolarisation à 3 ans n'est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion", a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. "La vraie question est plutôt : comment on s'y prend ? Avec combien d'élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?"

Réforme de la formation des professeurs

Emmanuel Macron devrait aussi annoncer une réforme de la formation initiale et continue des professeurs en maternelle, ainsi que des Atsem, ces agents territoriaux qui assistent les instituteurs dans les classes. Pas question en revanche de toucher aux programmes de maternelle, revus en 2015, qui font la part belle au langage, à la socialisation et au jeu, et qui ont été plébiscités par la communauté éducative.

Le gouvernement entend "donner une place plus importante à l'épanouissement" des enfants à l'école. "Ce n'est pas les programmes mais leur mise en œuvre qu'il faut changer", selon le cabinet du ministre de l'Éducation. Pour cela, les syndicats attendent davantage de moyens.

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