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Afrique

L'opposant canado-kényan Miguna Miguna détenu à l'aéroport de Nairobi

© Yasuyoshi Chiba, AFP | Miguna Miguna, avocat canadien né au Kenya, à l'aéroport de Nairobi, le 26 mars 2018.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 27/03/2018

L'avocat Miguna Miguna, autorisé à revenir au Kenya après son expulsion en février, a refusé de présenter son passeport canadien aux autorités à son atterrissage à Nairobi. Les services d'immigration lui ont interdit l'entrée sur le territoire.

"Je n’embarquerai pas ! Vous ne pouvez pas me prendre par la force… Vous ne pouvez pas me chasser de mon pays natal parce que vous avez des armes !" Les stewards du vol Emirates Nairobi-Dubaï sont restés bouche bée, lundi 26 mars au soir, lorsque l’avocat à la Haute cour du Kenya et "général" autoproclamé du parti d’opposition NRM, Miguna Miguna, a refusé violemment son embarquement imposé par les autorités kényanes.

Arrivé quelques heures plus tôt à l’aéroport de Nairobi, Miguna Miguna, de nationalité canadienne et kényane, a refusé de présenter son passeport canadien pour obtenir un visa touristique aux agents d’immigration, affirmant qu’il ne montrerait que sa carte d’identité kényane. Après plusieurs heures de négociations, des dizaines d’agents l’ont dirigé de force vers le vol d’Emirates afin qu’il quitte le territoire.

L'opposant kényan Miguna Miguna refuse d'embarquer dans un vol vers Dubai

"Le gouvernement n’a pas interdit l’entrée de Miguna Miguna dans le pays. (…) C’est une obligation, selon la loi et le règlement de l’Association internationale du transport aérien, que les passagers présentent les documents avec lesquels ils ont voyagé à leur arrivée", a affirmé le porte-parole du ministre de l’Intérieur, Mwenda Njoka, expliquant que la carte d’identité ne peut être acceptée que lorsqu’un voyageur arrive du Soudan du Sud, de l’Ouganda ou du Rwanda. Suite au scandale de l’opposant politique, le vol d’Emirates est finalement parti sans lui, et Miguna Miguna a passé la nuit en détention à l’aéroport.

Double nationalité interdite jusqu'en 2010

Selon les autorités, Miguna Miguna a automatiquement perdu la nationalité kényane en 1998, lorsqu’il a acquis celle du Canada, son pays natal n’autorisant pas la double nationalité à l’époque. Une modification de la Constitution en 2010 a supprimé cette règle, mais impose une demande de récupération de la nationalité kényane pour ceux qui la souhaitent. Miguna, qui n’a pas effectué cette démarche et a toujours gardé son passeport kényan malgré l’interdiction, soutient qu’il est né au Kenya et que cela ne peut, en aucun cas, lui être retiré.

Miguna Miguna avait été expulsé vers le Canada le 7 février, accusé de trahison pour avoir contribué, une semaine plus tôt, à l’investiture non reconnue comme "président du peuple" de Raila Odinga. Il était alors aux côtés du leader de l’opposition, qui protestait contre la réélection d’Uhuru Kenyatta et affirmait être le seul gagnant de l’élection. Son passeport kényan lui avait été retiré par les autorités, selon lesquelles il l’avait conservé illégalement depuis 1998. Mais en mars, la justice kényane avait validé son retour et la restitution de ses papiers d’identité, dans le sillage du rapprochement entre Odinga et Kenyatta.

>> À voir : Uhuru Kenyatta et Raila Odinga sur la voie de la réconciliation

Dans la nuit de lundi à mardi, Raila Odinga s’est déplacé à l’aéroport de Nairobi pour intervenir en faveur de l’avocat. Il a affirmé que la restitution de son passeport kényan était une condition au dialogue politique, selon le sénateur d’opposition James Orengo, qui négocie la libération de Miguna Miguna depuis lundi. Aucune déclaration plus précise sur ces "conditions" n’a été faite depuis.

Les services d’immigration ont fait parvenir mardi matin à Miguna un formulaire de demande de nationalité kényane, qu’il refuse de remplir. Selon l'un de ses avocats kényans, Cliff Ombeta, son passeport devrait lui être restitué à la suite de l’arrêt de la Haute cour qui a autorisé son retour d’exil. Remplir le formulaire reviendrait alors à reconnaître qu’il résidait illégalement au Kenya avant son expulsion, comme le soutient le gouvernement. "L’expulsion de Miguna du Kenya était illégale. Qu’y a-t-il à régulariser ? Son statut de citoyen a été reconnu par la Cour”, affirme Cliff Ombeta à la presse kényane.

Selon lui, le gouvernement tente de restreindre les activités politiques de Miguna en déniant sa nationalité. "Miguna s’est constamment opposé au rapprochement [entre Kenyatta et Odinga], arguant que le leader de la Nasa [le parti d'Odinga] avait perdu de vue la lutte de la coalition. Ça pourrait être la raison du traitement qui lui est réservé", précise Cliff Ombeta. Depuis mardi matin, l’accès à l’aéroport est interdit aux journalistes et aux avocats par les forces de sécurité. Seul son conseil canadien a été autorisé à le voir, selon la chaîne de télévision kényane Citizen.

Première publication : 27/03/2018

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