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Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont maintenu en détention en Allemagne

Carles Puigdemont est maintenu en détention dans la prison de Neumünster, en Allemagne.
Carles Puigdemont est maintenu en détention dans la prison de Neumünster, en Allemagne. Patrik Stollarz, AFP

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont est maintenu en détention en Allemagne, le temps que la justice se prononce sur son éventuelle extradition vers l'Espagne. Une décision qui provoque la colère de ses supporters en Catalogne.

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La sentence est tombée et il n’y a aucun recours possible : Carles Puigdemont va "rester en détention jusqu'à ce qu'une décision soit prise concernant une procédure d'extradition", a annoncé lundi 27 mars le tribunal régional de Kiel, ville du nord de l’Allemagne. Le chef indépendantiste catalan y a été arrêté dimanche, alors qu'il tentait de rejoindre la Belgique en voiture.

Cette annonce a provoqué la colère des militants indépendantistes, qui ont bloqué deux routes en Catalogne mardi matin. Les manifestations ont été organisées par les Comités de défense de la République (CDR), des groupes radicaux qui ont annoncé lundi le lancement d'un cycle de protestations "permanentes".

Vendredi et dimanche, des manifestations ont eu lieu à travers toute la Catalogne, les plus violentes entrainant des heurts entre manifestants et policiers qui ont fait plus d'une centaine de blessés.

Délai de 60 jours

La justice allemande dispose d'un délai de 60 jours pour trancher sur la remise de Carles Puigdemont à Madrid. Une porte-parole du parquet allemand, Wiebke Hoffelner, s'est bornée à dire que la décision ne serait "pas prise cette semaine". La justice aura à décider si des infractions similaires à celles pour lesquelles M. Puigdemont est poursuivi en Espagne existent en droit allemand.

"Pour l'extradition, pas de décision avant Pâques"

>> À voir : Ce qui attend Carles Puigdemont après son arrestation en Allemagne

Il est inculpé, avec douze autres responsables indépendantistes, de "rébellion", crime passible en Espagne de 30 ans de prison, et de détournements de fonds publics. En cause : la tentative ratée de sécession par référendum de l'automne 2017.

À Genève, le Comité des droits de l'Homme de l'ONU a annoncé avoir enregistré une plainte de Carles Puigdemont. Son avocat britannique Ben Emmerson avait déclaré le 2 mars que son client avait saisi le Comité d'une plainte accusant Madrid de violer son droit d'être élu et sa liberté d'expression et d'association.

"Infractions bien concrètes"

Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a qualifié l'Espagne d'"État de droit démocratique" et a relevé qu'il régnait "une confiance toute particulière entre les autorités judiciaires des pays membres de l'UE". Il a aussi rappelé que selon Madrid, Carles Puigdemont et ses camarades ne sont pas poursuivis pour "des idées politiques, des idées d'indépendance, mais en raison d'infractions bien concrètes". Le gouvernement espagnol est resté en retrait, se contentant de qualifier de "bonne nouvelle" l'arrestation de l'indépendantiste.

Les poursuites pour "rébellion" restent cependant controversées, car elles supposent "un soulèvement violent" qui, selon des juristes, ne s'est jamais produit. Carles Puigdemont a été interpellé dimanche par les policiers du Land de Schleswig-Holstein. Les forces de l'ordre allemandes avaient été alertées de sa venue par le représentant de la police criminelle allemande à Madrid. Le ministère allemand de l'Intérieur n'était pas en mesure de dire si les services de renseignement espagnols étaient impliqués et suivaient l'homme politique catalan.

Avec AFP

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