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La Cour des comptes épingle la Fédération française de football sur son train de vie

Noël le Graët, président de la Fédération fançaise de football.
Noël le Graët, président de la Fédération fançaise de football. Charly Triballeau, AFP

Un rapport confidentiel de la Cour des comptes, que s’est procuré le journal Le Monde, met en lumière le dispendieux train de vie de la Fédération française de football. Déplacements et gestion des ressources humaines sont notamment pointés du doigt.

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À deux mois et demi du coup d’envoi de la Coupe du monde 2018, c’est un coup de pub dont la Fédération française de football se serait bien passé. Dans un article publié mercredi 28 mars, le journal Le Monde dévoile le contenu d’un rapport confidentiel de la Cour des comptes qui constate sans détours les dépenses exponentielles de l’instance.

Le document, datant d’avril 2017, porte sur les exercices 2011 à 2015 et souligne avant tout la bonne santé financière de la FFF, qui a notamment profité du partenariat record avec Nike, fin 2016. Une manne financière de plus de 50 millions d’euros par an jusqu’à 2026 qui a permis à la Fédé de gonfler son budget prévisionnel à près de 225 millions d’euros.

De plus en plus de déplacements pour Graët

Une "aisance financière" saluée, mais toutefois assortie d’"un certain nombre de remarques et d’interrogations" formulées par la Cour. Le document constate notamment une "hausse continue des affrètements d’avions". En 2011, la Fédération française avait dépensé 9 000 € sur ce poste. Un chiffre qui a grimpé à 313 000 € en 2015, soit une multiplication par près de 35 du budget en cinq ans.

L’appétence de la "3F" pour les voyages en avion avait déjà été soulevée en février dernier, lors de la publication d’une première partie de ce rapport. La Cour des comptes l’épinglait alors pour un voyage protocolaire organisé en juillet 2014, à l’occasion du quart de finale de la Coupe du monde entre la France et l’Allemagne. À l’époque, pas moins de 130 dirigeants de clubs et partenaires avaient fait le voyage aux frais de la "Fédé", sans que l’événement n’ait été préalablement validé par le comité exécutif, comme l’exige le règlement financier de l’institution.

Mais pour la Cour des comptes, l’augmentation des dépenses liées à l’affrètement d’avions privés est en grande partie liée à l’activité du président Noël Graët, qui aurait effectué pas moins de 27 vols au cours de l’exercice 2014-15. Le Monde, qui a contacté la FFF, s’est vu préciser que "tous ces déplacements sont des déplacements professionnels", liées au mandat de représentation du dirigeant, qui "accompagne les sélections", "est omniprésent sur le plan international" et se veut "au contact du football amateur en métropole et dans les DOM-TOM".

Une gestion des ressources humaines contestée

Le document produit par la Cour des comptes se penche par ailleurs en détails sur la gestion des ressources humaines au sein de la "Fédé". Et là encore, le gendarme des dépenses publiques et l’instance affichent leur désaccord sur ce que la Cour qualifie "d’indemnités de ruptures conventionnelles ou transactionnelles généreuses, toujours supérieures aux pratiques communément admises".

Une lecture contestée dans les locaux du 87 boulevard de Grenelle : "Dans la pratique, ces départs conventionnels et/ou transactionnels, donc négociés, ont été privilégiés pour éviter le risque du contentieux, par nature incertain et potentiellement supérieur." Selon Monde, la FFF aurait accordé un montant total d’indemnités de ruptures de contrats de l’ordre de 8,6 millions d’euros sur la période 2011-15.

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