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La Fifa enquête sur des insultes racistes proférées lors de Russie - France

Les Bleus durant l'hymne national français, lors de Russie - France à Saint-Pétersbourg.
Les Bleus durant l'hymne national français, lors de Russie - France à Saint-Pétersbourg. Franck Fife, AFP

Triste image observée lors de Russie - France, à Saint-Pétersbourg, puisque des cris de singe ont été entendus à plusieurs reprises dans les travées du stade, visant clairement des joueurs de l'équipe de France. La Fifa a ouvert une enquête.

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"C'est moi où on entend des cris de singe quand Pogba touche le ballon ?" Plusieurs usagers français du réseau social Twitter ont eu les mêmes interrogations, à la 73e minute du match amical entre la Russie et la France, remporté par cette dernière mardi 28 mars (1-3) à Saint-Pétersbourg.

Les onomatopées caractéristiques ont en effet été parfaitement audibles, l'espace d'un instant, lors de la retransmission de la rencontre par la chaîne TF1. Outre Pogba, l'attaquant français Ousmane Dembélé a été ciblé par des cris de singe au moment de tirer deux corners, a constaté un photographe de l'AFP qui se trouvait au bord du terrain pendant la rencontre.

Interrogée par l'AFP, la Fifa a expliqué qu'elle réunissait "les potentielles preuves concernant les incidents discriminatoires rapportés dans les médias", et attendait notamment le rapport d'un observateur de l'organisation Fare, une ONG qui lutte contre les discriminations dans le foot, présent au stade mardi soir, pour apporter davantage de commentaires.

"Le racisme n'a pas sa place sur les terrains de football. Nous devons agir de concert au niveau européen et international, afin de faire cesser ces comportements inadmissibles", avait réagi plus tôt mercredi la ministre des Sports française, Laura Flessel, sur son compte Twitter.

Une affaire déjà embarrassante

Les joueurs concernés n'ont pour leur part pas réagi après la rencontre, face à la presse ou sur les réseaux sociaux, et l'attaché de presse de l'équipe de France Philippe Tournon a expliqué à l'AFP n'avoir "rien entendu depuis le banc de touche, ni ensuite entre les joueurs dans les vestiaires".

Présent en tribunes mardi, Ronan Evain, président du réseau européen de supporters Football Supporters Europe (FSE), n'a pas entendu non plus de cris de singe, comme "de très nombreux autres observateurs". "Il semble que cela soit un incident relativement isolé", explique-t-il à l'AFP. "Quand ce sont 200 personnes qui le font dans un stade, c'est très facile à identifier".

Les services de la Fédération russe (RFU) n'ont également "rien entendu ou enregistré de ce type", a pour sa part indiqué son responsable du département sécurité Alexeï Tolkatchiov, interrogé par Sport Express.

Mais "si cette information est confirmée, nous allons bien sûr étudier la vidéo et tout ce qui s'est passé autour du match, et donnerons notre évaluation ensuite" a ajouté un autre responsable. Car l'affaire est embarrassante pour la Fédération russe, qui a fait des efforts pour endiguer le phénomène dans la perspective de la Coupe du monde.

"Une conception du racisme assez différente de la nôtre"

"Les manifestations politiques, les cris de singe sont nettement en baisse dans les tribunes, même si l'on dénombre encore quelques incidents sur les deux dernières saisons", note Ronan Evain, spécialiste du "supportérisme" russe. "Les clubs sont porteurs d'un message antiraciste, et les autorités russes mettent une pression forte sur les leaders de groupes de supporters et les groupes pour que tout se passe le mieux possible" lors de la Coupe du monde.

La Fédération russe a notamment nommé l'ancien international Alexeï Smertine inspecteur chargé des questions de racisme et de discrimination dans le football en juin 2017. Mais "on ne change pas la société juste en convaincant les supporters de ne pas faire de cris de singe", observe Ronan Evain, pour qui la population russe "a une conception du racisme assez différente de la notre".

Un exemple ? Il a observé mardi en tribunes "la curiosité assez intrusive de Russes avec des personnes de couleur, en prenant des selfies par exemple. Ce n'était pas forcément mal intentionné, plus de la maladresse, mais les gens étaient mal à l'aise et nous aussi", poursuit-il. "Ça risque d'être un problème dans les petites villes, qui n'ont pas forcément l'habitude de recevoir des touristes, avec les supporters de sélections africaines, du Moyen-Orient ou d'Amérique latine".

Un problème difficile à résoudre en moins de trois mois.

Avec AFP

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