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Les Insoumis et le FN indésirables à la marche blanche pour Mireille Knoll

Lionel Bonaventure, AFP

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) refuse la présence d’élus du FN et de LFI à la marche mercredi en hommage à Mireille Knoll, dont le meurtre à caractère antisémite a provoqué une vive émotion en France.

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"Ni Marine le Pen, ni Mélenchon." Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui a appelé à une marche blanche à Mireille Knoll, octogénaire juive dont le meurtre a provoqué une vive émotion en France, y a interdit la présence des membres du Front national et de La France insoumise.

"La position du Crif est claire et connue. (…) Tous les deux sont pour nous des vecteurs de haine dans notre pays, la haine de l’extrême droite d’un côté, et la haine d’Israël, et qui est aussi la haine des juifs en réalité, de l’autre", a annoncé mardi soir Francis Kalifat, président du Crif et organisateur de la manifestation qui doit débuter mercredi 28 mars à 18h30.

>> Lire aussi : Octogénaire tuée à Paris : la justice retient le caractère antisémite

Daniel Knoll, le fils de Mireille Knoll, s’est placé en contradiction avec ce message : "Le Crif fait de la politique, et moi j’ouvre mon cœur à tous ceux qui ont une mère, c’est-à-dire tout le monde."

"Je ne partage pas les propos, en tout cas la recommandation faite par le président du Crif, disant aux militants de ne pas se rendre à une manifestation en hommage et en mémoire d'une dame qui a été assassinée", a pour sa part précisé mercredi matin le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

La déclaration a fait bondir de nombreux acteurs de la vie civile et politique, à commencer par les intéressés. "Le Crif se trompe d'ennemi depuis des années. J'ai été l'une des premières à dire qu'il ne faisait pas bon être Juif dans certains quartiers à cause du fondamentalisme islamiste" a déclaré Marine Le Pen, qui se rendra à la marche. Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a souligné le revirement du Crif, qui s’était d’abord félicité, mardi après-midi, de sa présence à la marche blanche.

Le Pen et Mélenchon présents à la marche malgré tout

Dans un communiqué publié dans la soirée de mardi, le FN, "nonobstant le message discriminatoire incompréhensible du Crif", a appelé "ses adhérents et ses sympathisants à se joindre à la marche blanche". Jean-Luc Mélenchon s’y rendra également, aux côtés du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et de très nombreuses personnalités politiques LR, PS, LREM et UDI.

Jean-Luc Mélenchon avait critiqué, en décembre 2017, le Crif qui souhaitait que la France reconnaisse Jérusalem comme capitale d’Israël, dans le sillage des États-Unis. "Je suis hostile à tous les communautarismes. Celui du Crif est particulièrement agressif", avait-il déclaré. Francis Kalifat avait déjà décrété le leader de LFI persona non grata au dîner annuel du Crif, en février 2017 où s’étaient rendus François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et François Hollande. "Si le Crif représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de Netanyahou, ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU", avait alors déclaré Jean-Luc Mélenchon.

Mireille Knoll, 85 ans, a été tuée vendredi à Paris, où elle avait échappé, en 1942, à la rafle du Vel d'Hiv'. Deux hommes ont été mis en examen et écroués mardi pour "homicide volontaire". La justice a retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme, mais les enquêteurs n’excluent pas l’hypothèse d’un crime crapuleux.

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