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Fin de partie pour Mario Rönsh, le roi allemand de la haine en ligne

La page Facebook d'extrême droite Anonymous.Kollektiv n'avait aucun lien avec le collectif du même nom.
La page Facebook d'extrême droite Anonymous.Kollektiv n'avait aucun lien avec le collectif du même nom. Capture d'écran - Facebook

L’Allemand Mario Rönsh, arrêté mercredi en Hongrie, était recherché depuis près de deux ans par les autorités allemandes qui le considèrent comme l’une des figures les plus influentes de la fachosphère germanophone.

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C’est en Hongrie, mercredi 28 mars au matin, que la police a mis un terme à l’entreprise de diffusion de haine sur Internet de l’Allemand Mario Rönsch. La brigade antiterroriste hongroise, épaulée par des policiers allemands, a appréhendé celui qui vendait depuis des années des armes en ligne tout en incitant à la chasse aux immigrés et avait dirigé deux des sites les plus influents de la fachosphère allemande.

Cette arrestation met fin à un traque de plus de deux ans contre un homme que les autorités allemandes considèrent comme un danger public. Il est accusé d’avoir vendu illégalement 193 armes à des Allemands via son site “Migrantenschrek” (“Épouvantail à migrants”), qui par ailleurs diffusait des messages haineux à l’égard des réfugiés et des appels à la violence contre les immigrés.

Une communauté de près de deux millions de fans

Une affaire qu’il menait depuis plus de deux ans et lui permettait de mener la belle vie à Budapest où il disposait de plusieurs appartements. Mario Rönsh achetait en toute légalité en Hongrie des pistolets de défense à balles de caoutchouc et des fusils à air comprimé et les revendaient à un prix bien plus élevé à ses clients allemands où la vente et la possession de ses armes est soumise à une autorisation. Des tests ont, en effet, prouvé qu’elles permettaient de blesser et même tuer les personnes visées, rappelle l’hebdomadaire Die Zeit.

Cet Allemand de 34 ans ne se contentait pas de son morbide commerce. Il a été à la tête de deux sites de propagande d’extrême droite qui étaient visités par des millions d’Allemands tous les mois. Sur Facebook, Mario Rönsh avait réussi à faire de la page Anonymous.Kollektiv (AK) - dont il a longtemps nié être le responsable - une référence pour près de deux millions de fans grâce à des messages antisémites, racistes, conspirationnistes et des appels à la violence contre les musulmans et les réfugiés. Un succès dont a tenu à se distancier le collectif d’hacktivistes Anonymous, qui n’a jamais versé dans l’extrême droite.

Dans un contexte politique où la question des réfugiés est très sensible, Anonymous.Kollektiv est bloqué par Facebook en 2016. Mario Rönsh répond à cette décision avec Anonymousnews.ru, un nouveau site où il développe les mêmes thèmes et qui rencontre rapidement le succès. En février 2017, ses articles sont davantage partagés sur les réseaux sociaux que ceux de médias établis comme la ZDF, la deuxième chaîne de télévision allemande.

Trop radical pour un magazine d’extrême droite

En parallèle à cet activisme sur la Toile, il se fait aussi rapidement un nom dans les milieux d’extrême droite. Cet ancien banquier commence, en 2014, par devenir un pilier d’un mouvement de rassemblements hebdomadaires à Berlin (“Montagsdemonstration”, les manifs du lundi) où se mélangeaient militants d’extrême gauche, d’extrême droite et conspirationnistes. Leur point commun ? La dénonciation de l’impérialisme américain et du pouvoir de la finance internationale.

Mario Rönsh rejoint en 2015 la rédaction de Compact, l’un des magazines d’extrême droite les plus célèbres d’Allemagne et dirigé par un ex-journaliste d’extrême gauche reconverti dans la dénonciation de la “menace islamique”. Mais la collaboration dure à peine un an, officiellement parce que Mario Rönsh était devenu “trop radical” pour Compact.

Il se concentre alors sur son site de e-commerce “Migrantenschrek” et réussit à maîtriser de bout en bout la chaîne de la haine et de la peur en ligne : de la diffusion de messages anti-migrants à la vente d’armes pour se défendre contre des “hordes de violeurs étrangers”. Mario Rönsh n’était donc pas seulement un chantre du racisme en ligne, mais un véritable homme d’affaires de la haine qui se croyait à l’abri dans la Hongrie du populiste Viktor Orban. À tort.

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