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Brésil : la Cour suprême donne son feu vert à l'incarcération de Lula

Lula à Sao Paulo, le 22 février 2018.
Lula à Sao Paulo, le 22 février 2018. Miguel Schincariol, AFP

La Cour suprême du Brésil a rejeté jeudi une demande d'habeas corpus de l'ex-président Lula. L'ancien chef d'État et favori de la prochaine élection présidentielle, en octobre, doit être incarcéré dans les prochains jours.

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Le mythe vivant de la gauche brésilienne pourrait se retrouver prochainement derrière les barreaux. Ancien ouvrier parvenu au sommet de l'État, Luiz Inacio Lula da Silva, 72 ans, a vu son destin prendre une tournure amère, jeudi 5 avril, après une décision défavorable de la Cour suprême qui devrait entraîner son incarcération dans les prochains jours.

L'icône de gauche devra ainsi purger une peine de douze ans et un mois de prison pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

Retour sur les faits

L'ex-président nie farouchement, invoquant l'absence de preuves et dénonçant un complot visant à l'empêcher de briguer un troisième mandat, huit ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux de popularité record. Ce jeudi, la Cour suprême lui a refusé un habeas corpus qui lui aurait permis de rester en liberté jusqu'à l'épuisement de tous les recours, ce qui aurait pu durer des mois.

Une décision serrée

Cette décision a été loin d'être unanime : la demande a été rejetée par six voix contre cinq, à l'issue de débats qui se sont étendus onze heures durant, à six mois d'une élection présidentielle pour laquelle il était donné favori. Bien que très serré, ce résultat est une victoire éclatante pour les procureurs de l'opération "Lavage-Express", enquête tentaculaire qui a mis au jour un gigantesque scandale de corruption impliquant des hommes politiques de tous bords.

En images : Lula, du métallo au président
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"Toute décision judiciaire est importante, mais certaines ont une plus grande répercussion que d'autres", avait déclaré la présidente de la plus haute juridiction du Brésil, Carmen Lucia, au début de cette audience très attendue. C'est elle qui a prononcé l'ultime vote qui a entériné le rejet de la demande de Lula, quand le résultat partiel était de cinq voix partout.

Mais le coup fatal a été porté par la juge Rosa Weber, dont le vote était annoncé comme celui qui ferait pencher la balance, sa position étant présentée comme la plus indécise. Quatrième à voter, elle s'est finalement prononcée contre l'habeas corpus, après avoir maintenu le suspense pendant près d'une heure avec un argumentaire très technique.

>> A lire sur France 24 : "Le carnaval de Rio couronne un défilé dénonçant la corruption et les injustices"

Lula a suivi l'audience dans la ville où il réside, São Bernardo do Campo, près de São Paulo, plus précisément au siège du syndicat des métallurgistes, qu'il a dirigé dans les années 1970, où plusieurs dizaines de ses partisans se sont rendus dès le matin. Devant un écran géant, les militants de gauche ont quant à eux accueilli avec désolation le vote de Rosa Weber.

"Une peine de prison peut être très longue, comme celle de Mandela (…) 27 ans, ou très courte comme celle de Gandhi. Je ne suis pas inquiet et ma seule préoccupation est de prouver mon innocence", avait affirmé début mars Lula lors d'un entretien à l'AFP.

Avec AFP

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