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Ligue Europa : Arsenal - CSKA Moscou, match à haut risque sur fond d’affaire Skripal

L'Emirates Stadium, antre des Gunners d'Arsenal.
L'Emirates Stadium, antre des Gunners d'Arsenal. Ian Kington, Ikimages, AFP

Dans un contexte diplomatique particulièrement tendu entre le Royaume-Uni et la Russie, sur fond d'affaire Skripal, Arsenal affronte jeudi le CSKA Moscou en quart de finale de Ligue Europa. Une rencontre qui dépasse le simple cadre du football.

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C’est un bégaiement de l’histoire dont le monde du football se serait bien passé. Arsenal et le CSKA Moscou s’affrontent en quart de finale de la Ligue Europa, jeudi 5 avril, alors que les relations diplomatiques sont particulièrement tendues entre le Royaume-Uni et la Russie. Une situation qui n’est pas sans rappeler les circonstances, douze ans plus tôt, de la dernière confrontation entre les deux clubs, lors de la phase de groupes de la Ligue des champions 2006-07.

Le jour du match, le 1er novembre 2006, Alexandre Litvinenko, ancien espion du KGB établi à Londres, a ressenti les premiers symptômes de ce qui s'avèrera être un empoisonnement au polonium-210, une substance hautement radioactive. Hospitalisé ensuite dans un état grave, il meurt quelques semaines plus tard. L'enquête révélera qu'il a été empoisonné ce jour-là, en buvant du thé dans un hôtel où il rencontrait deux ressortissants russes. Le principal suspect du meutre, Andreï Lougovoï, a expliqué sa présence dans la capitale britannique par le fait qu'il assistait, en famille, au match entre Arsenal et le CSKA Moscou. Des traces de polonium-210 ont d'ailleurs été retrouvées à l'Emirates stadium.

En 2018, le contexte de "l'affaire Skripal" rappelle étrangement la crise de 2006 entre Londres et Moscou.

Cette brouille diplomatique, née de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergeï Skripal et de sa fille à Salisbury, le 4 mars dernier, a pris des proportions gigantesques : accusations de Londres réfutées par Moscou, expulsions de diplomates russes dans plusieurs pays occidentaux et réciprocité des sanctions, menaces de boycott diplomatique de la Coupe du monde 2018 organisée en Russie…

"Sentiment antibritannique" contre "campagne antirusse"

Bien que la situation dépasse très largement le cadre du football, c’est un fait : l’ambiance qui entoure la préparation de ce duel est franchement délétère. Dans la foulée de l’annonce du tirage au sort, le 16 mars, le club anglais n’avait d’ailleurs pas tardé à dégainer. "En raison des tensions politiques accrues entre le Royaume-Uni et la Russie, vous devez être conscient du risque de sentiment antibritannique et de harcèlement à ce moment-là", prévenait alors Arsenal à l’endroit des supporters susceptibles de faire le déplacement pour le match retour, le 12 avril.

Alexey Sorokin, le président du comité d'organisation du Mondial-2018 et membre de la Fédération russe de football, avait alors joué la carte de l'apaisement : "Il est déplorable que ces matches soient disputés dans de telles circonstances, nous assurerons la sécurité de manière égale pour tous les supporters (…) Pour nous, il n'y a aucune différence pour les supporters, quel que soit leur pays de provenance et l'état de nos relations diplomatiques avec tel ou tel pays."

Deux semaines plus tard, et alors que le torchon n’en finit plus de brûler entre Russes et Britanniques, Moscou a finalement quelque peu durci le ton autour de la rencontre. Dimanche 1er avril, l’ambassade de Russie au Royaume-Uni a mis en garde les supporters du CSKA qui seraient tentés d'aller assister au match aller à Londres, le 5 avril : "Compte tenu de la campagne antirusse lancée par la Grande-Bretagne, qui a entraîné une montée de russophobie, nous vous recommandons de faire preuve d'une attention toute particulière et de discrétion".

Moscou veut éviter les accrocs avant son Mondial

Une déclaration à double sens. Non contents d’alimenter une guerre de mots avec Londres, les autorités russes veulent également éviter tout débordement impliquant des supporters russes. Et c’est devenu une nécessité absolue, à un peu plus de deux mois du coup d'envoi d'une Coupe du monde 2018 hautement symbolique, puisqu’elle se tiendra pour la toute première fois sur son territoire.

Alors que la Fifa a réitéré tout récemment qu’elle avait "pleinement confiance" en la Russie pour assurer la sécurité autour de la compétition, Moscou doit déjà composer avec de nombreuses polémiques. Entre les cris de singes entendus dans les tribunes à Saint-Pétersbourg lors de Russie - France en mars, et les divers affrontements qui ont parfois émaillé les déplacements russes sur la scène européenne (Athletic Bilbao - Spartak Moscou en février, notamment), le spectre des scènes de guérilla déplorées lors de l’Euro-2016 en France n’est pas totalement écarté.

Depuis quelques semaines, les autorités locales multiplient d’ailleurs les initiatives pour tenter d’endiguer ces phénomènes. L’incident du Russie - France n’a pas été pris à la légère et "les mesures appropriées seront prises", a promis Moscou, qui a par ailleurs annoncé la mise en place d'une "police touristique" multilingue durant le tournoi. En marge de ces opérations, un débordement impliquant ne serait-ce qu’une poignée d’ultras moscovites viendrait forcément ternir le tableau.

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