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Syrie: des divisions entre rebelles bloquent les évacuations dans la Ghouta

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Al-Wafidine (Syrie) (AFP)

Des bus devant évacuer, pour la quatrième journée consécutive, des combattants et civils de l'ultime poche rebelle aux portes de Damas, ont rebroussé chemin jeudi, sur fond de divisions internes au sein du camp insurgé à Douma, selon les médias d'Etat syriens.

Environ 20 bus affrétés par le régime de Bachar al-Assad ont pénétré dans la zone de Douma mais ont rebroussé chemin et sont stationnés, avec d'autres, aux abords de la dernière enclave rebelle dans la Ghouta orientale, a constaté un correspondant de l'AFP.

Selon l'agence de presse officielle syrienne Sana, le "retrait des bus de la ville de Douma" s'explique par la nécessité "de s'éloigner des divergences entre les terroristes et de les laisser régler leurs différends par eux-mêmes". Le régime syrien qualifie de "terroristes" les rebelles.

L'accord d'évacuation, parrainé par la Russie, alliée de Damas, "n'a pas pris fin", a toutefois assuré Sana.

Le groupe rebelle islamiste Jaich al-Islam, qui tient encore Douma, n'a jamais confirmé avoir conclu d'accord d'évacuation.

Environ 4.000 combattants et leurs familles ont pourtant déjà été transférés vers le nord de la Syrie depuis lundi, mais la faction rebelle est restée murée dans un silence total, tiraillée entre les partisans et opposants à ce départ organisé.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, "l'ancien accord avec la Russie a été suspendu" jeudi, et des négociations "se poursuivent pour définir une nouvelle mouture".

"Il s'est avéré que sur les 10.000 combattants de Jaich al-Islam, plus de 4.000 refusent catégoriquement de sortir", a indiqué à l'AFP M. Abdel Rahmane.

En attendant, les habitants de cette dernière poche rebelle vivent dans l'expectative.

"Rien n'est clair. Nous attendons l'issue des négociations. Certains habitants veulent partir tandis que d'autres préfèrent rester", a affirmé à l'AFP un habitant de Douma.

"Les marchés ont ouvert aujourd'hui, les gens ne peuvent plus vivre dans des sous-sols mais après le retrait des bus, des avions ont sillonné l'espace dans le but de terroriser les habitants", ajoute-t-il.

Un correspondant de l'AFP à Damas a confirmé le survol des avions de chasse syriens.

Après avoir pilonné sans relâche durant cinq semaines les zones rebelles de la Ghouta orientale, tuant plus de 1.600 civils, le régime syrien avait obtenu des accords d'évacuation avec deux groupes rebelles. Face aux réticences de Jaich al-Islam, il avait massé des renforts autour de Douma, n'excluant pas une reprise de l'offensive militaire pour faire plier les insurgés.

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