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Le prince héritier saoudien à Paris pour amorcer "un nouveau partenariat stratégique"

Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a accueilli Mohammed ben Salmane à son arrivée au Bourget, le 8 avril 2018.
Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a accueilli Mohammed ben Salmane à son arrivée au Bourget, le 8 avril 2018. Ahmed Nureldine, AFP

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane entamera lundi une visite officielle de deux jours en France. L'occasion pour Paris d'annoncer "un nouveau partenariat stratégique" avec Riyad, malgré des différends diplomatiques.

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"La qualité des relations franco-saoudiennes ne se jaugent pas à l’aune de la durée du séjour du prince héritier sur notre territoire." Du côté de l’Élysée, la visite officielle de deux jours en France du jeune prince saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, qui débute formellement lundi 9 avril, est qualifiée d’évènement diplomatique majeur.

Même si elle intervient après une tournée de trois semaines à travers les États-Unis durant laquelle le fils du roi Salmane a mené une campagne de charme auprès des responsables politiques et des principaux acteurs de l’économie américaine, qui s’est soldée par la signature de nombreux contrats.

>> À voir : "Tensions Arabie saoudite-Iran : la stabilité de la région menacée ?"

Cette différence de traitement entre Washington et Paris n’inquiète pas côté français, où l’on assure, de source diplomatique, n’être "ni vexé, ni déçu", car cette visite sera l’occasion pour le président Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane d’annoncer "un partenariat stratégique" d’un nouveau genre.

Une "vision commune"

Jusqu'à présent, l’état des relations franco-saoudiennes, qui se sont approfondies pendant le quinquennat de François Hollande, se mesurait au nombre de contrats, le plus souvent d’armements, signés avec la pétromonarchie wahhabite."Il n’est plus question de courir derrière tel ou tel contrat ponctuel comme par le passé, mais de s’inscrire dans une vision commune autour d’une nouvelle méthode de coopération basée sur le développement économique et technologique", confie-t-on de source diplomatique.

La France entend accompagner Mohammed ben Salmane, qui cherche à donner une image plus libérale de son royaume rigoriste, dans son projet de transformation et d’ouverture de l’économie saoudienne, jugée aujourd’hui trop dépendante de la rente pétrolière. Un plan de réformes, baptisé "Vision 2030", a été lancé en avril 2016. Il s’accompagné de la création du fonds d’investissement le plus richement doté au monde afin de moderniser le royaume, de l’adapter à la nouvelle donne énergétique et d’y attirer des fonds étrangers.

"La France a énormément à offrir dans plusieurs secteurs dans le cadre de ce plan", dit-on de source élyséenne. Énergies renouvelables, développement durable, transports, santé, culture, numérique, tourisme et nouvelles technologies : "Nous souhaitons investir danstous les sens du terme avec l’Arabie saoudite, sachant que ce type de coopération axé sur les investissements d’avenir aura évidemment d’importantes retombées économiques", assure-t-on de source diplomatique française. Plus d'une douzaine de protocoles d'accord doivent être signés dans différents secteurs indique une source proche de la délégation saoudienne, citée par l’AFP.

Le nucléaire iranien, pomme de discorde entre Paris et Riyad

Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane, qui ne se sont rencontrés qu’à une seule reprise très brièvement, en novembre, dans l’enceinte de l’aéroport de Riyad au moment où le président français tentait de dénouer la crise autour du Premier ministre libanais Saad Haririaborderont également les grandes questions internationales : lutte contre le terrorisme, guerre au Yémen, situation en Syrie. Mais il sera surtout question de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

"On veut garder cet accord, même si l’on est conscient des préoccupations américaines et saoudiennes", insiste-t-on côté français.

Emmanuel Macron aura cependant face à lui le prince héritier d’un royaume qui exècre la République islamique d’Iran, et qui est totalement en phase avec le président américain Donald Trumpqui a menacé de se retirer de l'accord de 2015 avant le 12 mai – et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Alors qu’elle cherche à se replacer en puissance médiatrice au Moyen-Orient – "le partenariat avec l’Arabie saoudite n’empêche pas la France de dialoguer avec l’ensemble des pays et des puissances de la région, y compris avec l’Iran" – la marge de manœuvre d’Emmanuel Macron paraît extrêmement réduite. Sans compter que les récentes tentatives de médiation française, que ce soit dans la crise qui oppose les pays du Golfe au Qatar, ou dans la guerre du Yémen, ont toutes été écartées par les Saoudiens.

Et MBS, qui a alimenté les tensions entre avec la puissance chiite en qualifiant le guide suprême iranien Ali Khamenei de "nouvel Hitler", ne semble pas disposé à changer de ton, au moment même où il cherche à imposer son autorité au sein du royaume et où, dans la région, chacun cherche à faire avancer ses pions, plutôt qu’à faire des concessions.

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