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Mobilisation massive des Hongrois aux législatives, Viktor Orban largement favori

Quelque 7,9 millions de Hongrois sont appelés à prendre part aux législatives en Hongrie, dimanche 8 avril 2018.
Quelque 7,9 millions de Hongrois sont appelés à prendre part aux législatives en Hongrie, dimanche 8 avril 2018. Ferenc Isza, AFP

Les Hongrois ont massivement voté, dimanche, à l'occasion d'élections législatives pour lesquelles le Premier ministre sortant, Viktor Orban, était donné favori. Les résultats sont attendus tard dans la soirée.

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Les Hongrois ont massivement voté, dimanche 8 avril, à l'occasion d'élections législatives pour lesquelles le Premier ministre sortant, Viktor Orban, icône des droites populistes européennes, est donné largement favori. Il vise un troisième mandat d'affilée et cherche à consolider un pouvoir assumé comme autoritaire.

Quelque 7,9 millions de Hongrois étaient appelés à prendre part à ce scrutin. Face à un afflux record d'électeurs, les opérations de vote se poursuivaient dans certains bureaux de vote peu avant 22 h (20 h GMT), bien au-delà de l'heure de clôture initialement prévue à 19 h.

À 18 h 30, la participation s'élevait déjà à 68,18 %, soit une hausse de huit points par rapport à la même heure en 2014 et davantage que la participation finale il y a quatre ans (61,24 %). Selon certains sondages, une participation supérieure à 70 % serait le signe d'une forte mobilisation de l'opposition.

En l'absence de sondages à la sortie des urnes, les premières projections ne seront connues que plus tard dans la soirée.

>> À lire : Viktor Orban, maître de la "démocratie illibérale" en Hongrie

Vers une nouvelle "super-majorité" au Parlement ?

Crédité d'une avance de 20 à 30 points dans les sondages et avantagé par un mode de scrutin à un tour combinant majorité simple par circonscription et proportionnelle, le parti national-conservateur Fidesz du dirigeant hongrois apparaît assuré de l'emporter, selon les analystes.

La principale inconnue porte sur le taux de participation et sur l'ampleur de la victoire promise : Viktor Orban avait remporté en 2010 et 2014 une "super-majorité" au Parlement, mais pourrait cette fois-ci devoir se contenter d'une majorité relative.

Diatribes anti-immigration de Viktor Orban

"Ces élections seront un test de la recette que Viktor Orban a décidé d'aplliquer à sa campagne électorale. ll s'est concentré uniquement sur la question de l'immigration et d'une putative invasion de la Hongrie par des migrants venus d'Afrique ou du Moyen-Orient, qui serait selon lui voulue par l'Union européenne, par les partis d'opposition et par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros", explique Gulliver Cragg, envoyé spécial de France 24 à Budapest.

Gulliver Cragg, envoyé spécial à Budapest

La gauche et le parti d'extrême droite Jobbik, qui a modéré son discours, espèrent capitaliser sur la lassitude d'une partie des électeurs envers les diatribes de Viktor Orban, 54 ans, contre la "menace" migratoire et contre le milliardaire Georges Soros, obsessions de sa campagne.

L'opposition a fait campagne en dénonçant le clientélisme, la déliquescence des services publics et un pouvoir d'achat insuffisant qui, malgré un taux de chômage au plus bas (3,8 %), conduit de nombreux Hongrois à s'expatrier, alors que le pays est membre de l'UE depuis 2004.

Aucune union sacrée entre la gauche et l'extrême-droite

Le Fidesz a essuyé en février un sérieux coup de semonce : un candidat unique de l'opposition avait alors remporté à la surprise générale des municipales dans un fief réputé imprenable du Fidesz, Hodmezovasarhely.

Viktor Orban n'a cessé depuis d'agiter le spectre d'une possible défaite de son camp, synonyme selon lui de chaos migratoire et de victoire d'"ennemis" qui "veulent déposséder" les Hongrois "de [leur] pays".

"Il ne suffit pas d'arriver premier dans les sondages : il faut arriver premier le jour du vote", a-t-il souligné en clôture de sa campagne, rappelant que, donné favori à l'issue de son premier mandat (1998-2002), il avait dû s'incliner aux législatives.

Contrairement à ce qui s'est produit localement à Hodmezovasarhely, aucune union sacrée n'a cependant été scellée pour les législatives entre une gauche morcelée et le Jobbik, ce qui permet, selon les analystes, au Fidesz de conserver toutes ses chances de victoire.

Avec AFP

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