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France : grève très suivie, alors que l'Assemblée débat de la réforme de la SNCF

En gare de Perpignan, le 8 avril 2018.
En gare de Perpignan, le 8 avril 2018. Raymond Roig, AFP

Quatrième journée de bras de fer entre les cheminots et Matignon : les premiers maintiennent une forte mobilisation - 74 % de grévistes notamment chez les conducteurs -, tandis que l'Assemblée nationale étudie la réforme de la SNCF.

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La mobilisation du personnel de la SNCF ne faiblit pas, en ce quatrième jour de grève contre la réforme de l'entreprise publique ferroviaire qui arrive sur les pupitres des députés à l'Assemblée nationale pour une première lecture. Près de trois-quarts des conducteurs de train se sont portés grévistes, lundi 9 avril, tandis que la mobilisation faiblit légèrement parmi les autres corps de métiers (contrôleurs, aiguilleurs) par rapport à la semaine dernière.

Par conséquent, le trafic s'annonce toujours "très perturbé", mais moins que la semaine dernière. Un TGV sur cinq, un Transilien et un TER sur trois et un Intercités sur six rouleront. Pour comparaison, mercredi dernier, seulement un TGV sur sept et un TER sur cinq circulaient, des perturbations qui avaient vidé certaines gares, mais aussi donné lieu à des scènes de cohue dans d'autres.

Le mouvement a été un peu moins suivi dimanche 8 avril, avec 35 % de grévistes, et beaucoup de voyageurs avaient anticipé les perturbations en ce premier week-end de vacances pour la zone A.

Premier débat dans l'Hémicycle

Cette quatrième journée de grève tombe, ce lundi, en même temps que l'arrivée du projet de "nouveau pacte ferroviaire" dans l'Hémicycle de l'Assemblée nationale, en première lecture. Le passage en commission sera suivi de l'examen en séance plénière.

CGT-Cheminots et SUD Rail, qui ont appelé à un rassemblement en début d'après-midi aux abords du Palais-Bourbon, ont de nombreux relais parmi les députés de gauche, dont la plupart soutiennent la cause des cheminots. Communistes et Insoumis, en première ligne, ont déposé de nombreux amendements pour le maintien du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés.

Outre la fin des recrutements au statut, grévistes et partis de gauche déplorent la volonté du gouvernement de transformer la SNCF en société anonyme à capitaux publics et d'ouvrir le secteur ferroviaire à la concurrence.

Les opposants à la réforme accusent le gouvernement de vouloir, à terme, privatiser la SNCF. "Fantasme", leur répond la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Dialogue de sourds

Dimanche soir, pour la première fois depuis le début du conflit, un représentant du gouvernement, Christophe Castaner (Relations avec le Parlement), et un leader des grévistes, Laurent Brun (CGT-Cheminots), ont débattu publiquement, sur la plateau de LCI, comme le réclamait la CGT. Résultat : un dialogue de sourds, chacun accusant l'autre de rester sur des "postures dogmatiques".

Face à cette situation bloquée, le président Emmanuel Macron va entrer dans l'arène jeudi, lors d'un entretien sur TF1.

Le gouvernement ira "jusqu'au bout" de sa réforme, a de nouveau assuré Édouard Philippe dimanche, estimant que les grandes lignes de la réforme n'étaient "pas négociables" et que la discussion n'était possible que pour "parler des modalités".

Mais pour l'heure, la concertation lancée par le gouvernement est qualifiée de "mascarade" par les syndicats, qui sont sortis furieux de la dernière réunion vendredi, estimant qu'aucune négociation véritable n'était possible. Pour le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy (LREM) c'est au contraire la CGT "qui a toujours refusé de négocier".

Laurent Brun n'exclut pas de prolonger le mouvement "au-delà du moins de juin".

En face, la ministre Elisabeth Borne estime pourtant avoir déjà fait des concessions aux syndicats, notamment concernant les cheminots qui changeraient d'employeur en cas de perte d'un marché par la SNCF. Ils conserveraient "la garantie de l'emploi, la retraite, la rémunération..."

En principe, la grève devrait se mettre en pause mardi matin, pour reprendre jeudi soir. Mais SUD Rail plaide toujours pour une grève reconductible chaque jour au lieu de la grève de deux jours sur cinq décidée par l'intersyndicale.

Pour l'heure, la SNCF prévoit un retour à un trafic "quasi normal dans l'après-midi" de mardi.

Avec AFP

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