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Moyen-Orient

Attaque chimique en Syrie : l’ONU incapable d'un consensus

© Hector Retamal, AFP | L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, durant une réunion du Conseil de sécurité, mardi 10 avril, à New York.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/04/2018

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu mardi à un consensus sur la création d'un mécanisme d'enquête sur les armes chimiques en Syrie. En dépit de cet échec, les Occidentaux font toujours planer la menace de frappes militaires sur le pays.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a de nouveau étalé ses divisions sur le dossier syrien. Mardi 10 avril, il n'est pas parvenu à trouver un consensus sur la création d'un nouveau mécanisme d'enquête sur le recours aux armes chimiques en Syrie, suite à des attaques chimiques présumées samedi à Douma. Un triple vote a eu lieu – fait rare à l'ONU la même journée et sur le même sujet – sur deux textes russes et un texte américain mais aucun n'a abouti à une adoption.

Lors d'un premier scrutin, la Russie, membre permanent, a d'emblée opposé son veto à un projet de résolution américain prévoyant un nouveau "mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies" (Unimi) sur le recours aux armes chimiques en Syrie. Ce projet a été soutenu par 12 pays, deux ont voté contre (Russie et Bolivie) et un s'est abstenu (Chine). Le Conseil de sécurité comprend 15 membres et un texte est adopté lorsqu'il recueille au moins 9 voix, sans veto d'un membre permanent.

Une "journée de frustration" à l'ONU

Il s'agit du douzième veto russe sur une résolution de l'ONU concernant la Syrie depuis le début de la guerre en 2011. L'ambassadeur de Russie aux Nations unies, Vassily Nebenzia, a justifié cette opposition par la volonté de "ne pas entraîner le Conseil de sécurité dans des aventures".

"La Russie a saccagé la crédibilité du Conseil de sécurité"

Les Russes ont ensuite présenté deux projets concurrents qui n'ont pas réuni suffisamment de voix pour être adoptés. Un premier projet de résolution, visant lui aussi à établir un nouveau mécanisme d'enquête sur le même sujet, n'a pas obtenu le minimum requis de neuf voix. Il prévoyait que les enquêteurs rendent leurs conclusions au Conseil de sécurité, qui se chargeait ensuite d'attribuer les responsabilités.

Un second projet de résolution visait à soutenir une enquête à Douma de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a annoncé qu'elle allait envoyer "sous peu" une équipe d'investigation pour enquêter sur place. Le texte n'a recueilli que cinq voix en sa faveur.

"Selon Moscou, son veto permet de défendre le droit international"

"La Russie a saccagé la crédibilité du Conseil de sécurité", a réagi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. C'est "une farce !" et "la Russie est excellente pour jouer des jeux", a-t-elle ajouté.

"Vous faites encore un pas vers la confrontation" et "vous êtes très douée pour les menaces", a rétorqué son homologue russe Vassily Nebenzia, en évoquant celle brandie actuellement par Washington de sanctionner par la force les dernières attaques imputées au régime syrien, soutenu par Moscou et Téhéran.

Donald Trump se consacre au dossier syrien

De son côté, le président Donald Trump a décidé de se consacrer au dossier syrien. Il ne participera pas, comme initialement prévu, au Sommet des Amériques en fin de semaine au Pérou, mais restera à Washington, a annoncé la Maison Blanche mardi.

Extraits des allocutions de Nikki Haley et Vassily Nebenzia

Donald Trump devait quitter Washington vendredi pour son premier voyage en Amérique latine depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017. À l'issue du Sommet des Amériques, à Lima, il devait faire une escale à Bogota, en Colombie.

"Le président restera aux États-Unis pour superviser la réponse américaine à la Syrie", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif.

Depuis l'attaque présumée aux gaz toxiques qui aurait fait des dizaines de morts samedi dans la ville de Douma, dernier bastion rebelle aux portes de la capitale syrienne, Donald Trump fait planer la menace d'une intervention militaire.

Avec AFP

Première publication : 10/04/2018

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