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Privé de compétition, Netflix sera absent du festival de Cannes

Le directeur des contenus de Netflix, Ted Sarandos, le 26 octobre 2017, en Californie.
Le directeur des contenus de Netflix, Ted Sarandos, le 26 octobre 2017, en Californie. Valérie Macon, AFP

Le directeur des contenus de Netflix a annoncé mercredi que le géant américain serait absent du festival de Cannes, en raison d'une nouvelle règle interdisant à tout film non distribué dans les salles obscures françaises d'être en compétition.

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Il n’y aura a priori pas de polémique Netflix sur la Croisette cette année. Le directeur des contenus du géant du streaming, Ted Sarandos, a indiqué mercredi 11 avril que Netflix serait absent cette année du festival de Cannes, dont la sélection sera connue jeudi.

La raison : une nouvelle règle mise en place par le festival interdit à tout film sans distribution en salles en France d'être en compétition, a-t-il expliqué dans un entretien au magazine Variety.

"Nous voulons être sur un plan d'égalité avec les autres cinéastes", a relevé Ted Sarandos, estimant par ailleurs que projeter des films hors compétition ferait courir aux films et aux cinéastes produits par Netflix le risque de subir un "manque de respect [...] Je ne pense pas que ce serait bien pour nous d'y aller".

Netflix avait fait scandale l'année dernière à Cannes en refusant de diffuser en salles le film "Okja" qu'il avait produit, pour pouvoir le fournir sans délai à ses abonnés. Il avait aussi en compétition "The Meyerowitz Stories", de Noah Baumbach.

Le nouveau poids lourd de l'audiovisuel mondial a dit être ouvert à une sortie de ses films dans les salles françaises, mais pas à garantir une fenêtre de 36 mois après la sortie avant qu'ils soient disponibles en streaming.

Une réglementation considérée comme obsolète

La réglementation française prévoit pour un film : une sortie au cinéma, puis quatre mois après en DVD ou en vidéo à la demande à l'acte (VàD) et, au bout de dix mois, à la télévision. Il ne peut être diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) que 36 mois après sa sortie. Une chronologie considérée en grande partie comme obsolète à cause de l'essor du piratage et des plateformes de SVOD comme les Américains Netflix et Amazon.

Un rapport commandé par le gouvernement pour moderniser ce système proposait en mars de ramener de quatre à trois mois la période d'exclusivité dont disposent les cinémas pour diffuser la plupart des films. La disponibilité sur les plateformes de vidéo par abonnement serait avancée à quinze mois après la sortie en salles, mais uniquement pour celles dites "vertueuses", c'est-à-dire celles qui respecteraient une série d'engagements assez stricts en termes de financement de la création française. Des conditions que Netflix et Amazon notamment sont loin de remplir. Les plateformes non vertueuses verraient alors leur période de diffusion commencer à 27 mois.

Avec AFP

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