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Dernière modification : 16/04/2018

Intervention occidentale en Syrie : "comme l'eau sur les plumes d'un canard", selon Moscou

© France 24

Dans la presse, ce lundi 16 avril, les commentaires de la presse étrangère à l’intervention télévision d’Emmanuel Macron et à sa défense de l’intervention occidentale en Syrie. Et l’histoire d’un commerçant anglais prié de crier moins fort sur les marchés.

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Dans la presse, ce matin, les réactions, à l’étranger, à l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron, hier soir.

 

Sur la forme, tout d’abord, Le Temps relève la combativité du président français – «ce granit médiatique» qui n’a jamais semblé «vraiment ébranlé par les questions vigoureuses» de ses intervieweurs, et dont «la meilleure défense» serait «sa connaissance des dossiers et sa conviction que «l’ordre républicain» est souhaité par une majorité de ses concitoyens». Le journal suisse crédite toutefois ses deux intervieweurs du fait qu’ils ont réussi à aborder quelques questions «qui font mal» : «l’ivresse de l’autorité présidentielle, l’absence de contre-pouvoirs, la volonté présumée de vouloir imposer un modèle économique où le marché serait roi à un pays toujours assoiffé d'égalité».

 

Dans cette interview, Emmanuel Macron a notamment défendu sa décision de frapper la Syrie. Oui, les alliés ont agi dans un cadre légal, non, ils n’ont pas déclaré la guerre à la Syrie, et oui, ces frappes ne sont qu’un préalable à une future action diplomatique - voilà en résumé le plaidoyer du président français. Mais ce n’est pas cela qu’a retenu la presse anglo-saxonne – pour qui LA phrase de la soirée fut la déclaration d’Emmanuel Macron sur le fait qu’il aurait réussi à convaincre Donald Trump de rester en Syrie - des propos à la une du Times, au Royaume-Uni, qui explique que la France tente de «capitaliser» sur son rôle dans l’intervention. «Le président français dit qu’il a pressé Trump de se cantonner à des frappes ciblées», note aussi The Wall Street Journal. D’après le quotidien américain, le président français tenterait «d’affirmer son leadership en Syrie», alors qu’il affronte des critiques, en France, sur le fait que sa participation aux frappes en Syrie est «injustifiée» et constitue une perte d’indépendance.

 

Ces doutes sont partagés par la presse étrangère. L’Orient Le Jour estime que l’intervention des alliés ne changera pas la donne en Syrie. «La diplomatie gigote, et Assad veut avancer sur le terrain»: le journal libanais cite les observateurs qui voient dans leurs frappes «un coup d’épée dans l’eau» à, l’impact «assez limité». «Aujourd’hui, rappelle le quotidien, le président syrien contrôle plus de la moitié du territoire dont la totalité de la Ghouta orientale, et entend continuer sur sa lancée en se dirigeant vers deux zones rebelles, Derra et Idleb». «Tant que Poutine soutiendra Assad… », prévient Le Soir, sous-entendant que Moscou continue, malgré tout, à détenir la clé du problème. Le journal belge cite, lui, un expert du centre Carnegie à Moscou, pour qui «la réplique de Moscou devrait en rester aux mots, sans directe confrontation armée. Au Kremlin, dit-il, ils sont durs mais pas fous».

 

En Russie, Kommersant accuse à son tour les Occidentaux de chercher à «poursuivre la guerre par d’autres moyens», les frappes étant assimilées à un «nouvel ultimatum» adressé à Moscou. Mais il n’est plus question, désormais, d’éventuelles représailles - le ton est nettement en-dessous des déclarations martiales de la semaine dernière, comme si les frappes occidentales glissaient sur Moscou comme sur l’eau les plumes d’un canard.

Beaucoup plus virulentes, en revanche, sont les critiques adressées à Donald Trump et Theresa May. Le dessinateur Riddel, pour The Guardian, prête de sombres arrière-pensées au président américain. «Maintenant que tout le monde regarde ailleurs, je vais les écraser, ils sont toxiques, ce sont des menteurs», dit-il. «Poutine et Assad?», demande Theresa May, dont on reconnaît les chaussures léopard émergeant d’une poubelle. «Non, Stormy Daniels et Robert Mueller» - l’actrice porno qui accuse D.Trump d’avoir acheté son silence, et le procureur spécial qui enquête sur les liens entre Trump et la Russie. Theresa May doit s’expliquer quant à elle aujourd’hui devant les parlementaires britanniques. On la voit surgir en tenue de pilote de l’armée de l’air dans la Chambre des Communes dans un dessin signé Jennings, toujours pour The Guardian. «Ben quoi ? », lance-t-elle aux élus qui l’attendent de pied ferme, bras croisés.

 

On se quitte, d’ailleurs, au Royaume-Uni, avec une affaire beaucoup moins dramatique. The Telegraph raconte l’histoire de Wayne Bellows, qui porte bien son nom, puisque «bellow», en anglais signifie «parler très fort» - que Wayne Bellows, un commerçant du marché de Lymington, s’est vu interdire de crier pour appâter les chalands, les habitants du quartier s’étant plaints d’être réveillés trop brutalement le matin. Bellows du coup n’a plus le droit de crier que le soir. La décision l’aurait laissé sans voix. On comprend un peu les riverains, car le niveau atteint par la voix du commerçant aurait atteint les 111 décibels, soit le niveau atteint par exemple lors d’un concert de rock. C’est ce qu’on appelle avoir un bel organe.

 

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Par Hélène FRADE

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