Accéder au contenu principal

Assassinat d'une journaliste anticorruption à Malte : des médias poursuivent l'enquête

Un rassemblement en hommage à la journaliste Daphne Caruana Galizia, à Malte, six mois après son assassinat.
Un rassemblement en hommage à la journaliste Daphne Caruana Galizia, à Malte, six mois après son assassinat. Matthew Mirabelli, AFP

Dix-huit médias internationaux dont Radio France, Le Monde et France 2 ont enquêté sur le meurtre de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia et dévoilent cette semaine le fruit de leurs recherches.

PUBLICITÉ

Six mois après l’assassinat de la journaliste et blogueuse anticorruption maltaise Daphne Caruana Galizia, des médias internationaux publient cette semaine les résultats de leur enquête sur sa disparition.

Cette initiative a lieu dans le cadre du projet "Forbidden Stories" ("Enquêtes interdites"), lancé par l'association Reporters sans frontières (RSF) et la plateforme de journalistes d'investigation Freedom Voices Network, qui vise à préserver et poursuivre les travaux de journalistes assassinés ou emprisonnés.

France Inter et Le Monde ont commencé à publier mardi 17 avril leurs premiers articles sur le sujet, avant que France 2 ne diffuse à son tour un reportage jeudi soir dans "Envoyé Spécial". Le Guardian, le New York Times, la Süddeutsche Zeitung ou encore l'agence Reuters ont également mené l'enquête.

>> À voir sur France 24, le Focus : "L'assassinat de Daphne Caruana Galizia va-t-il rester impuni ?"

Une piste politique inexplorée

Le journal Le Monde estime notamment que la piste politique reste inexplorée. "À ce jour, aucun des responsables politiques sur lesquels la journaliste a écrit n’a été entendu par la police. Ce que déplore la famille de Daphne Caruana Galizia, persuadée que le mobile du meurtre de la journaliste est politique", peut-on lire sur le site du quotidien. Avant d'être tuée par une voiture piégée le 16 octobre dernier à l'âge de 53 ans, Daphne Caruana Galizia avait en effet dénoncé un réseau de corruption impliquant de hauts responsables proches du Premier ministre travailliste maltais Joseph Muscat.

L'instruction concernant la mort de la journaliste est toujours en cours. Pour l'instant, trois hommes, inculpés le 5 décembre, ont plaidé non coupable d'avoir fabriqué la bombe qui a tué la journaliste et de participation à une organisation criminelle.

Qui est le commanditaire ?

Selon France Inter, de nombreux éléments semblent désigner ces trois hommes : "Mais un autre manque cruellement : le mobile". "Ils n’avaient a priori aucune raison de s’en prendre à la journaliste. Sur l’île, tout le monde est persuadé qu’il y avait un commanditaire. Mais qui ? Daphne Caruana Galizia avait tellement d’ennemis…", s'interroge la radio.

Parallèlement, la Commission européenne a été enjointe par les membres de l'organisation internationale d'écrivains PEN Club, parmi lesquels le Britannique Salman Rushdie ou la Turque Elif Shafak, d'être vigilante quant aux progrès de l'enquête à Malte, dans une lettre ouverte publiée dimanche. "Nous pensons que l'enquête en cours ne respecte pas les standards d'indépendance, d'impartialité et d'efficatité requis par les lois internationales sur les droits de l'Homme", soulignent les écrivains. Ils ont également demandé l'ouverture d'une enquête sur des propos tenus contre Daphne Caruana Galizia par Jason Micallef, un homme politique maltais en charge des festivités à La Valette, capitale européenne de la culture 2018.

"Il y a en ce moment une double impunité à Malte, concernant le meurtre de ma mère et toute la corruption sur laquelle elle enquêtait", a résumé lundi le fils de la journaliste, Matthew Caruana, en marge d'un hommage à Londres pour les six mois de son assassinat.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.