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RGPD : Facebook fait le service minimum pour la protection des données

MASHABLE COMPOSITE. JIRAWATP/GETTY CREATIVE

On aurait pu attendre plus de la part de Facebook qui a présenté mardi les mises à jour de sa plateforme à l'approche de l'entrée en application du nouveau règlement européen sur la protection des données.

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Alors que la polémique sur son utilisation des données personnelles ne s'essoufle pas, Facebook a finalement rendu public, mardi 18 avril, les ajustements qu'il comptait apporter à ses paramètres de confidentialité en vue de l'entrée en application, le 25 mai, du Règlement général sur la protection des données, le fameux RGPD (GDPR, en anglais). 

VOIR AUSSI : Facebook balance sur l'utilisation des données personnelles par LinkedIn, Twitter et Google

Lundi 29 janvier, avant l'affaire Cambridge Analytica donc, le réseau social avait déjà lancé une belle opération de communication pour faire mine d'être à l'avant-garde. Comme nous vous le disions alors, il ne fallait pas être dupe. Facebook est tout simplement tenu de se conformer à la règlementation européenne s'il souhaite continuer sans risque à fournir des biens et des services à la population européenne.

Les utilisateurs doivent se prononcer sur trois points

  • Un passage en revue de vos informations personnelles et de leur niveau de partage : soit on "accepte et on continue", soit on clique sur un bouton menant à un écran d'avertissement qui vous renvoie sur un troisième écran où l'on pourra enfin faire des modifications.
    • La technologie de reconnaissance faciale : déjà disponible aux États-Unis, elle fait son retour en Europe, où elle avait été bannie en 2012. On peut l'activer ou la désactiver. Mais il n'y a pas d'option médiane. On aurait pu vouloir savoir si quelqu'un utilise sur la plateforme une photo de nous, sans que tous les clichés où nous apparaissons soient automatiquement repérées et tagguées.
    • La possibilité de choisir que les publicités sur Facebook soient personnalisées en fonction de notre navigation hors de la plateforme

    Nouvelles conditions d'utilisation : Facebook, tu l'aimes ou tu le quittes

    Les utilisateurs sont contraints d'accepter les conditions d'utilisations du service et sa politique de données mise à jour.

    Sinon, en cliquant sur un petit lien en bas de page, on arrive sur un écran permettant de télécharger son archive personnelle Facebook, ou de supprimer notre compte.

    Des fonctionnalités spécifiques pour les jeunes : mouais

    Le RGPD introduit de nouvelles règles pour les adolescents, notamment ceux âgés entre 13 (âge minimum pour s'incrire sur Facebook) et 15 ans. Ainsi, ces derniers auront besoin d'un accord parental pour disposer de certaines fonctionnalités sur la plateforme (partage, publicités ciblées, etc.). La reconnaissance faciale ne sera pas non plus active pour les moins de 18 ans. Et leur ville ou leur date de naissance ne sera pas affichée publiquement.

    En conclusion : peut mieux faire

    Facebook se conforme à la loi mais aurait clairement pu mieux faire. Vous avez vu comment se font les choix dans les menus ? Tout est pensé, niveau design, pour nous faire rester sur la plateforme avec les conditions de partage les plus ouvertes possible. Facebook a besoin de nos données personnelles, et il le sait. Hors de question donc qu'il nous pousse à changer nos habitudes de partage car cela pourrait clairement nuire à ses affaires.

    Comme l'écrit Techcrunch : "Rendre les choix visuellement égaux, plutôt que d'enterrer les moyens de faire des changements dans les boutons grisés et les liens minuscules, aurait été plus juste. Et cela aurait montré que Facebook a confiance dans la valeur qu'elle offre, de sorte que les utilisateurs resteraient et laisseraient les fonctionnalités activées s'ils le voulaient vraiment."

    Facebook ne fait donc que nous donner l'illusion du contrôle de nos données, tout en tenant clairement les rênes, analyse Engaget.

    La vraie note positive dans tout cela, c'est que Facebook va appliquer mondialement un règlement à la base européen. C'est déjà une petite victoire à mettre au crédit de l'Union européenne sur les géants (surtout américains) du Web.

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