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"The Show", une web série caustique sur les géants d'internet

© AFP/Archives | La réalisateur français Jan Kounen tourne en dérision les géants d'internet dans la web série "The show". Il participait le 4 décembre 2016 au festival du film de Marrakech.

PARIS (AFP) - 

Avec sa série "The Show", diffusée à partir de lundi sur la plateforme française pour mobiles Blackpills, le réalisateur Jan Kounen tourne en dérision les géants d'internet et alerte sur l'emprise qu'ils peuvent exercer sur nos vies.

Librement adapté du roman éponyme du Suédois Filip Syta, qui a travaillé comme directeur des ventes publicitaires chez Google pendant deux ans, cette web-série raconte le destin de Maggie, jeune diplômée d'Harvard qui s'infiltre dans la plus grande entreprise de technologie au monde pour la saboter. Dans cette aventure, elle embarque Vic, un codeur déluré, surtout intéressé par la vie de sexe et de drogue que pourrait lui offrir la nouvelle entreprise.

Pour le réalisateur français à l'imagination débordante, ce projet est "comme un pamphlet joyeux, caustique sur les géants d'internet".

Utilisation malveillante de l'intelligence artificielle, dépendance à la technologie, protection insuffisante des données personnelles: Jan Kounen pointe avec humour les dangers de ce monde, un réquisitoire qui fait écho à l'actualité du scandale de détournement d'informations personnelles éclaboussant Facebook.

Le réalisateur s'était déjà livré à une critique en règle du monde de la publicité avec son adaptation au cinéma de "99 francs", le roman de Frédéric Beigbeder.

- "Taper sur les super puissants"-

Dans la série (8 épisodes de 10 minutes tournés en anglais), l'entreprise "The Show" n'est autre que le plus puissant moteur de recherche du monde. Jan Kounen assume d'ailleurs pleinement la référence à la compagnie américaine Google en remplaçant dans son générique de début le O de "The Show" par un G coloré.

"Je ne suis pas anti-Google, mais je suis pour taper sur les super puissants. Il y a un moment où il faut dire: attention, tout n'est pas permis", lance le réalisateur de 53 ans.

Pour l'auteur Filip Syta, "+The Show+ montre bien comment ces entreprises ne sont pas des entreprises comme les autres, comment elles s'immiscent dans nos vies, comment elles prennent de plus en plus de place et comment nous n'arrivons plus à vivre sans elles".

Dans une scène déconcertante, Maggie s'adresse au spectateur : "Vous êtes assis là à me regarder sur votre petit téléphone (...) alors que dehors les gens rient, pleurent, aiment et vous manquez tout cela parce que vous me regardez?"

Elle enjoint alors les utilisateurs à arrêter de suivre la série pour aller profiter du monde réel: "regardez le prochain épisode une prochaine fois, faites-le pour moi,(...) s'il vous plait éteignez votre téléphone maintenant".

-Un tournage marathon-

La série sera disponible à partir du lundi 23 avril dans une vingtaine de pays en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique via la plateforme de vidéos sur mobile Blackpills. Lancée il y a moins d'un an, avec le soutien du patron de Free, Xavier Niel, Blackpills a déjà produit une quarantaine de séries.

Avec "The Show", Jan Kounen s'essaye pour la première fois à un nouveau format. Lui, qui avait "toujours refusé de s'atteler à une série digitale, étant donné les moyens réduits en budget et en temps de tournage, par rapport au cinéma", dit avoir été séduit par le sujet. Mais aussi "par son ton et son style très particulier, ses personnages surréalistes".

Avec un budget de 1,2 million d'euros et seulement 19 jours de tournage, le réalisateur de "Blueberry, l'expérience secrète" a dû "faire autrement": tourner dans un lieu unique - une école d'architecture près de Paris -, faire des effets spéciaux avec les moyens du bord...

Le réalisateur de "Dobermann" n'envisage pas dans l'immédiat de diriger une saison 2. "Pourquoi pas, mais pas tout de suite (...) C'était un genre de marathon, très fatigant".

Huit ans après la sortie de son dernier long-métrage, "Coco Chanel et Igor Stravinsky", le réalisateur continue "de s'essayer à d'autres médiums", comme la réalité virtuelle, avec trois projets en cours. "Et pourquoi pas du théâtre, ou des expériences en réalité augmentée", s'interroge-t-il.

© 2018 AFP