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Asie - pacifique

Journée de la Terre : le tourisme de masse, malédiction des plages d'Asie du Sud-Est

© Lilian Suwanrumpha, AFP | Des milliers de touristes visitent chaque jour la plage de la baie Maya en Thaïlande, ici le 9 avril 2018.

Vidéo par Antoine FENAUX

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/04/2018

La surpopulation touristique en Asie du Sud-Est a un lourd impact sur le fragile écosystème des îles. Mais plusieurs pays tentent de réguler le phénomène… Sans tuer la poule aux œufs d'or.

La Journée de la Terre qui s'appelle officiellement Journée internationale de la Terre nourricière, dimanche 22 avril, est l'occasion de s'attarder sur les mesures prises par plusieurs pays d'Asie du Sud-Est pour tenter de protéger l'écosystème de leurs îles contre le tourisme de masse.

En Thaïlande, par exemple, sur l'île de Phi Phi Ley (ou Koh Phi Phi Ley), immortalisée par le film "La Plage", avec Leonardo DiCaprio, près de 4 000 touristes visitent chaque jour la baie Maya. Mais les beaux jours des multiples tour-opérateurs sont comptés, assurent les autorités thaïlandaises : la baie Maya devra être fermée de juin à septembre. Il s’agit de "permettre à l'écosystème de se régénérer", plaide Songtham Suksawang, directeur du parc national de Koh Phi Phi Ley.

Les Philippines vont, pour leur part, interdire aux touristes l'île de Boracay, pour six mois, à partir du 26 avril. Le président Rodrigo Duterte a comparé cette île qui accueille chaque année environ deux millions de visiteurs et génère un milliard de dollars pour l'économie philippine à une "fosse septique". Les 500 hôtels de l'île sont ainsi accusés de déverser directement leurs eaux usées dans la mer. Une pratique largement partagée à travers l'Asie du Sud-Est.

En Indonésie, les autorités ont été les premiers à tirer la sonnette d'alarme l'an dernier, concernant six kilomètres de côtes de Bali, souillés par les déchets. La crise environnementale de Bali s'est retrouvée en mars sous le feu des projecteurs, avec la vidéo devenue virale du plongeur britannique, Rich Horner, filmant sa plongée au milieu des sacs plastiques et autres déchets, dans les eaux tropicales de Bali. Sa vidéo a été vue plus par d'un million d'internautes.

Aux déchets et absence de traitement des eaux usées s'ajoute souvent dans ces îles paradisiaques un problème de comportements des touristes, piétinant les récifs coralliens, également malmenés par les ancres des hors-bord. "Le tourisme a toute une série d'effets négatifs sur la santé des coraux", confirme Eike Schoenig, biologiste marin du Centre de recherches océaniques de Thaïlande.

Protéger l'environnement, sans tourner le dos aux touristes

Pour les pays vivant de ce tourisme de masse comme la Thaïlande, l'Indonésie ou les Philippines, il s'agit de trouver des solutions, sans tuer "la poule aux œufs d'or".

En Thaïlande, sur la baie Maya, les bateaux pourront approcher de la baie, mais ne pourront pas accoster, et personne ne sera autorisé à entrer dans la baie. Et à partir du mois d'octobre, reprise de la haute saison touristique qui s'achève en avril-mai, les autorités réfléchissent à plusieurs options, dont un quota du nombre de touristes admis sur la plage.La Thaïlande mène aussi des études sur les mesures à prendre concernant six autres zones marines à protéger.

En Indonésie, le gouvernement a identifié dix autres zones comme l'île Lombok ou le lac Toba à Sumatra, où développer l'industrie touristique. Avec comme but avoué de décharger Bali d'une partie de sa population touristique.

Les experts pointent du doigt la nécessité de prendre des actions sur le long terme, au delà des effets d'annonce et des fermetures de quelques mois, à la saison basse. Car le nombre de touristes ne cesse de progresser, comme en Thaïlande, qui bat sans cesse son record de touristes entrant sur son territoire.

Le boom de visiteurs chinois, se déplaçant en groupe et sans prise de conscience écologique, pose un défi sur le long terme aux gouvernements d'Asie du Sud-Est. Sur les plus de 35 millions de vacanciers ayant visité la Thaïlande en 2017, près de 10 millions venaient de Chine.

Avec AFP

Première publication : 22/04/2018

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