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Sous la pression de la rue, le Premier ministre arménien Serge Sarkissian démissionne

Le président Serge Sarkissian lors d'un sommet européen à Bruxelles, le 24 novembre 2017.
Le président Serge Sarkissian lors d'un sommet européen à Bruxelles, le 24 novembre 2017. Emmanuel Dunand, AFP

Le Premier ministre arménien Serge Sarkissian a fini par démissionner sous la pression de la rue. Ses opposants accusaient celui qui fut président de l'Arménie de 2008 à 2018 de s'accrocher au pouvoir.

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Une ambiance de fête régnait lundi 23 avril en fin d’après-midi sur la Place de la République au cœur d’Erevan. Des milliers de personnes dansaient et trinquaient dans les rues de la capitale arménienne, après l'annonce de la démission du Premier ministre Serge Sarkissian. Après onze jours de manifestations consécutives, il a fini par jeter l’éponge.

"Je me suis trompé", a reconnu Serge Sarkissian dans un communiqué diffusé par ses services. "J'abandonne la direction du pays et le poste de Premier ministre", a-t-il ajouté. Le chef de l’opposition Nikol Pachinian s’est aussitôt réjoui : "Citoyen d’Arménie, tu as gagné ! Et personne ne peut te priver de cette victoire. Je te félicite, peuple victorieux !".

Un mauvais calcul politique

Accusé par ses opposants de vouloir s'accrocher au pouvoir, Serge Sarkissian, 63 ans, a été président de 2008 à 2018, avant d'être nommé Premier ministre il y a moins d'une semaine.

"Sarkissian a enfreint une règle politique de notre pays: les précédents présidents ont quitté le pouvoir en temps et en heure et lui aussi avait promis de le faire", rappelle le sociologue Guevorg Pogossian.

Les manifestants qui défilaient depuis dix jours dans les rues d'Erevan et des grandes villes du pays lui ont rappelé cette promesse. Des dizaines de milliers d'opposants ont paralysé la circulation dans le centre et organisé des sit-in.

Les protestataires reprochaient notamment à l’ancien président arménien de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la main haute sur l’économie du pays. Le taux de pauvreté en Arménie a augmenté ces dernières années : il était de 29,8 % en 2016 et de 27,6 % en 2008, selon les données de la Banque mondiale, tandis que le revenu national brut (RNB) par habitant stagne à 3 770 dollars, une somme quasi identique à celle d'il y a dix ans. En février 2018, l’ONG Transparency international a placé l’Arménie 107e sur 180 pays, lors de son classement mondial sur indice de perception de la corruption. Il y a trois ans, le pays occupait la 95e place.

Avec AFP

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