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Journée mondiale contre le paludisme : "90 % de l'ensemble des cas de paludisme sont en Afrique"

© AFP / Sanaria Inc. / Robert Thompson | Le paludisme est dû à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques.

Vidéo par Laura MOUSSET

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 25/04/2018

Depuis 2016, le paludisme est en recrudescence avec 216 millions de cas dans le monde et plus de 400 000 décès. À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie, les appels à la mobilisation internationale se multiplient.

"C’est l’une des principales maladies tueuses dans le monde." Un enfant en meurt toutes les deux minutes. Malgré des avancées récentes de la recherche, le paludisme continue de progresser dans le monde. Alors que la mortalité était en déclin depuis 2000, elle grimpe à nouveau depuis 2016. Plus de 445 000 personnes sont mortes du paludisme en 2016, principalement des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes. De quoi relancer la mobilisation contre ce fléau, aussi connu sous le nom de malaria, en cette journée mondiale de lutte contre le paludisme.

"En 2016, 216 millions de cas cliniques ont été recensés, soit cinq millions de plus qu'en 2015", souligne le dernier rapport mondial annuel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 91 pays sont affectés à travers le monde notamment en Asie du Sud-Est, aux Amériques et en Méditerranée orientale mais surtout sur le continent africain.

"90 % de l’ensemble des cas de paludisme sont en Afrique et 40 % de cet ensemble-là se passe dans ces deux grands pays que sont le Nigeria et RD Congo, précise le Pr Olivier Bouchaud, responsable du service des maladies infectieuses et tropicales, CHU Avicenne à Bobigny, en région parisienne, au micro de RFI. Le contexte à tous les niveaux, ne serait-ce que la transmission, de la facilité des moustiques à se développer, de la densité de population, de la densité des services de soins, sont telles que l’on ne viendra pas à bout du paludisme dans ces pays-là avant des dizaines et des dizaines d’années".

Des résistances multiples

Si le paludisme est en recrudescence depuis deux ans, ce n’est pas en raison d’une baisse de vigilance ou de prévention mais parce que de multiples résistances sont apparues. La maladie est due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques, qui s'adaptent désormais aux insecticides. "Dans le passé, le DDT [Dichlorodiphényltrichloroéthane, produit chimique utilisé comme insecticide, NDLR] a permis d’avoir une amélioration énorme en terme de contrôle des moustiques qui sont porteurs et qui transmettent le parasite. Malheureusement, il est devenu inefficace. Depuis, c’est une course poursuite entre les différents produits et médicaments", regrette le Dr Gastellu-Etchegorry, épidémiologiste et membre de Médecins sans frontières, interrogé par France 24.

Outre les moustiques, les parasites à l'origine du paludisme – plasmodium – ont eux aussi développé des résistances aux médicaments classiques comme la quinine. Un remède naturel, bien qu’il suscite de nombreuses réticences des scientifiques, semble faire son chemin : l'artemisia. Cette plante utilisée par la médecine chinoise depuis des millénaires, pourrait offrir une alternative "naturelle" et bon marché aux médicaments. "Redécouverte" pendant la guerre du Vietnam, l'artemisia n'est pas inconnue des scientifiques. En témoigne le premier prix Nobel de médecine chinoise décerné à Youyou Tu en 2015 pour son travail sur l'efficacité d'une substance extraite de la plante, l'artémisinine, dans les traitements antipaludéens.

>> À voir : une start-up burkinabè lutte contre le paludisme avec un savon

Aujourd’hui, les traitements contre le paludisme, les ACT (Artemisinin-based Combination Therapy), sont des combinaisons thérapeutiques à base d’artemisinine. L’association française La Maison de l’artemisia, présente dans de nombreux pays d’Afrique, tente d’aller plus loin en proposant depuis quelques années d’utiliser des feuilles sèches d’Artemisia annua et d’Artemisia afra en tisanes, selon le journal Le Monde.

"Notre réseau présente la plante comme une alternative thérapeutique, c’est l’un des moyens qui peuvent être utilisés pour lutter contre le paludisme. Cela ne veut pas dire remplacer les ACT, ni tout l’arsenal thérapeutique, ni les politiques de stratégies de distribution de moustiquaires. Non ! Nous disons juste que l’artemisia a sa place dans cette lutte", précise le docteur Jérôme Munyangi au quotidien.

Pourtant, si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aujourd’hui l'utilisation des ACT qui associent l'artémisinine (aujourd'hui de synthèse) à une autre molécule, de type amodiaquine ou méfloquin, elle ne prône pas l'utilisation de l'artemisia sous sa forme naturelle.

Un vaccin peu efficace

Reste la piste d'un hypothétique vaccin. "Le parasite du paludisme est extrêmement complexe avec une multiplicité de cibles possibles que l’on appelle les cibles antigéniques, insiste le Pr Bouchaud. Elles changent sans arrêt. Il n’y a pas non plus la même configuration antigénique en Angola, au Congo ou au Mali. Il n’y a pas un antigène unique qui marcherait partout et qui n’aurait pas la capacité de changer. C’est donc compliqué d’avoir un vaccin universel qui marcherait partout", regrette le Pr Bouchaud sur RFI.

Il y a un an, l'OMS annonçait néanmoins l'existence d'un prototype développé par l’ONG Path et le laboratoire GlaxoSmithKline. Son nom ? Le Mosquirix. Un test à grande échelle va être lancé entre 2018 et 2020. Près de 360 000 enfants seront vaccinés à 5, 6, 7 mois et 2 ans au Kenya, Ghana et au Malawi. “Si l'on veut être optimiste, on peut dire que c’est la première fois que l’on a un vaccin qui donne quelque chose, poursuit le Pr Bouchaud. Si on veut être pessimiste ou plutôt réaliste, le vaccin actuel n’a pas vocation à être largement diffusé. On va faire des tests à grande échelle mais ça n’ira pas plus loin parce que sur le moyen-long terme, c’est un vaccin qui a très peu d’effets. Sept ans après avoir fait quatre injections, […], il n’y a plus que 4 % d’efficacité. Et avec en plus chez certains enfants, un effet rebond : certains enfants vaccinés faisaient plus de paludisme sur la fin du traitement que des enfants non vaccinés."

Sans oublier des effets secondaires assez lourds. "Des crises d’épilepsie ont été rapportées sous ce vaccin sans qu’on puisse savoir si on peut les lier mais nous sommes obligés de les prendre en compte car elles sont plus nombreuses chez les enfants vaccinés."

L'espoir de trouver un remède efficace à court terme semble donc s'être réduit comme peau de chagrin.

 

 

 

 

 

 

 

Première publication : 25/04/2018

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