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Plusieurs journalistes de Cumhuriyet condamnés à des peines de prison en Turquie

Le tribunal d'Istanbul où ont été jugés plusieurs collaborateurs du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet.
Le tribunal d'Istanbul où ont été jugés plusieurs collaborateurs du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet. Yasin Akgul, AFP

Quatorze personnes du journal turc d'opposition Cumhuriyet ont été condamnées, mercredi, à des peines de prison pour avoir soutenu le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qu'Ankara juge responsable du coup d'État manqué de juillet 2016.

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Alors qu’ils demandaient leur acquittement, treize journalistes du quotidien d’opposition turc Cumhuriyet ont été condamnés mercredi 25 avril à des peines allant de deux ans et demi à plus de huit ans de prison.

Le patron du journal, Akin Atalay, qui comparaissait en détention préventive, a été condamné à plus de huit ans de prison, mais remis en liberté conditionnelle en attendant le résultat de la procédure en appel. Les journalistes condamnés ne seront pas écroués en attendant la procédure d'appel, ayant déjà bénéficié au cours du procès d'une mesure de remise en liberté conditionnelle.

Le journal Cumhuriyet dénonce ces condamnations sur son compte Twitter

Parmi eux, figurent le rédacteur en chef du journal, Murat Sabuncu, qui a écopé de sept ans et demi de prison, et le journaliste d'investigation Ahmet Sik, qui a été condamné à la même peine. "Vous aurez honte devant l'Histoire", a titré Cumhuriyet sur son site après l'annonce des peines dans la soirée.

Un autre accusé, qui n'était pas employé par le journal et était jugé pour ses activités sur Twitter, a été condamné à la peine la plus lourde : dix ans de prison, a ajouté l'avocat.

"L'accusation n'a aucune preuve"

Les collaborateurs du journal étaient notamment accusés d'avoir collaboré avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de juillet 2016, ce que dément l'intéressé.

Ce quotidien farouchement critique du président Recep Tayyip Erdogan rejette ces accusations qu'il qualifie d'"absurdes" et dénonce un procès politique visant à réduire au silence l'un des derniers organes de presse indépendants en Turquie. "L'accusation n'a aucune preuve", a assuré l'un des avocats de la défense, Me Fikret Ilkiz, dans son ultime plaidoirie. "Dans cette affaire, des journalistes sont accusés d'avoir fait du journalisme. L'existence même de Cumhuriyet est perçue comme un crime".

Ce procès devenu emblématique symbolise l'érosion de la liberté de la presse en Turquie. Nombreux sont ceux qui dénoncent la multiplication des pressions sur les médias sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan, en particulier depuis le putsch manqué. La Turquie occupe la 157e place sur 180 au dernier classement de la liberté de la presse établi cette semaine par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Avec AFP

 

 

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