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L'UE décide d'interdire trois néonicotinoïdes, des pesticides dangereux pour les abeilles

À Bruxelles, le 27 avril, des manifestants appellent la Commission européenne à bannir les néonicotinoïdes.
À Bruxelles, le 27 avril, des manifestants appellent la Commission européenne à bannir les néonicotinoïdes. Emmanuel Dunand, AFP

Trois néonicotinoïdes considérés comme dangereux pour les abeilles vont être presque totalement interdits dans l'UE après le vote vendredi d'une majorité d'États membres. Ces subtances largement utilisées s'attaquent au système nerveux des insectes.

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L'Union européenne s'est prononcée vendredi 27 avril pour l'interdiction de trois insecticides néonicotinoïdes, jugés responsables de la baisse du nombre d'abeilles et de bourdons constatée ces dernières années. Ces pesticides déjà soumis à des restrictions d'usage dans l'Union européenne, vont être quasi totalement interdits après le vote d'une majorité d'États membres, a annoncé la Commission européenne.

"C’est une décision très importante prise par l’Europe, on ne s’y attendait pas, mais j’en suis très heureux ! L’Union européenne montre qu’elle est capable de répondre présente quand il s’agit de biodiversité et de la santé de ses citoyens", commente le Français Éric Andrieu, président de la commission Pesticides du Parlement européen, contacté par France 24. Le député européen socialiste milite depuis longtemps en faveur de cette interdiction.

L'avenir des trois produits concernées, la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame, des subtances neurotoxiques largement utilisées qui s'attaquent au système nerveux des insectes, était en suspens depuis 2013, après une première évaluation négative de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa).

>> À lire sur Les Observateurs : Un apiculteur français dénonce le taux de mortalité anormal de ses abeilles

L'agence a confirmé son opinion fin février, une évaluation qui est venue soutenir la volonté de l'exécutif européen d'élargir l'interdiction.

Exception pour les usages en serre

Celle-ci s'applique désormais à toutes les cultures en plein champ, avec pour seule exception les usages en serre, à condition que graines et plantes ne quittent pas leur abri fermé.

Une majorité qualifiée d'États membres (au moins 16 pays sur 28 représentant 65 % de la population) a apporté son soutien à la proposition de la Commission lors d'un comité d'experts réuni vendredi matin, a précisé l'exécutif européen dans un court communiqué.

Dans le détail, le Royaume-Uni, la France, la Slovénie, l’Allemagne, Malte, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède, Chypre, le Luxembourg, l’Italie, l’Irlande, la Grèce, l’Estonie, l’Espagne se sont prononcés en faveur de l’interdiction. La Roumanie, la République tchèque, le Danemark et la Hongrie ont voté contre, sous la pression de l’industrie betteravière notamment. Le Portugal, la Belgique, la Slovaquie, la Pologne, la Bulgarie et la Croatie, la Lettonie, la Lituanie, la Finlande se sont de leur côté abstenus.

"Les revirements de l’Espagne et de l’Italie, qui ont rejoint au dernier moment le camp antinéonicotinoïdes, ont aidé au basculement du vote", précise Éric Andrieu.

En 2013, l'UE avait déjà imposé des restrictions d'usage pour ces trois substances, contestées en justice par deux géants des pesticides dont les produits sont directement concernés, le suisse Syngenta et l'allemand Bayer.

Le moratoire partiel concernait les cultures qui attirent les abeilles (comme le maïs, le colza oléagineux ou le tournesol) sauf quelques exceptions. L'UE n'a donc pas attendu l'issue de cette procédure devant le Tribunal de l'UE, toujours en cours.

"Le taux de mortalité des abeilles, qui tiennent un rôle majeur dans la pollinisation et donc dans la biodiversité, atteint les 80 % dans certaines régions d’Europe, notamment à cause de l’utilisation de ces pesticides, il était urgent de mettre fin à ce fléau", estime Éric Andrieu, qui souhaite désormais que des études scientifiques soient menées sur d’autres néonicotinoïdes, afin de mesurer leur toxicité et, si nécessaire, les faire interdire par les instances européennes.

Avec AFP

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