Accéder au contenu principal

Nucléaire iranien : Merkel concède à Trump que l'accord "n'est pas suffisant"

Angela Merkel et Donald Trump se sont rencontrés vendredi 27 avril 2018 à Washington.
Angela Merkel et Donald Trump se sont rencontrés vendredi 27 avril 2018 à Washington. Mandel Ngan, AFP

Lors d'une visite au président américain Donald Trump, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré vendredi que l'accord actuel sur le nucléaire iranien ne suffisait pas à contenir les ambitions de l'Iran.

PUBLICITÉ

Trois jours après Emmanuel Macron, c'est au tour de la chancelière allemande, Angela Merkel, d'être reçue par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, vendredi 27 avril.

>> À lire aussi : Donald Trump et Emmanuel Macron affichent leur complicité à Washington

Les deux dirigeants se sont brièvement serré la main dans le Bureau ovale, mais leurs retrouvailles n'ont, sans surprise, pas donné lieu aux embrassades, tapes dans le dos et signes ostensibles de complicité affichés par le président américain et son homologue français en début de semaine.

"Ils ne vont pas fabriquer d'armes nucléaires"

Comme le président français Emmanuel Macron cette semaine, Angela Merkel avait dit espérer que sa visite à Washington permettrait d'avancer sur le dossier iranien, alors que Donald Trump a donné aux Européens jusqu'au 12 mai pour "réparer les affreuses erreurs" de l'accord conclu en 2015 à Vienne, le "pire jamais signé par les États-Unis" selon lui. Mais le président américain n'a donné aucun signe de vouloir assouplir sa position.

>> À lire aussi : Pourquoi Téhéran refusera de renégocier l’accord sur le nucléaire iranien

"Je ne vais pas disserter sur le fait que j'utiliserai ou pas la force militaire", a dit le président américain pendant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande. "Mais je peux vous dire ceci, ils (les Iraniens) ne vont pas fabriquer d'armes nucléaires. Ça je peux vous l'assurer, OK? Ils ne vont pas fabriquer d'armes nucléaires. Vous pouvez compter là-dessus."

Angela Merkel, qui n'a pas réussi à nouer de liens étroits avec l'impétueux Donald Trump, n'a semble-t-il pas réussi à faire davantage bouger la position de la Maison Blanche. La chancelière a admis que l'accord nucléaire ne suffisait pas à contenir les ambitions de Téhéran mais l'a défendu en tant que "première étape" nécessaire. "Nous sommes d'avis que le JCPOA est une première étape qui a contribué à ralentir leurs activités sur cet aspect en particulier (...), mais nous pensons aussi, d'un point de vue allemand, que cela n'est pas suffisant pour s'assurer que les ambitions de l'Iran soient maîtrisées et contenues", a déclaré Angela Merkel en utilisant l'acronyme anglais de cet accord.

L'Allemagne ouverte au bilatéralisme

À défaut de percée visible sur l'Iran, la chancelière a tenté d'apaiser les tensions commerciales entre les deux pays, après que Donald Trump a répété devant la presse qu'il entendait "corriger" le déficit commercial des États-Unis avec l'Europe. "Nous avons besoin d'une relation réciproque, que nous n'avons pas. Nous y travaillons et nous voulons qu'elle soit plus juste et la chancelière veut la rendre plus juste", a dit le président américain.

Alors qu'Emmanuel Macron a vanté pendant sa visite d'État les mérites du multilatéralisme, Angela Merkel a semblé prendre le contre-pied du président français en se disant ouverte à l'idée de négocier un accord commercial bilatéral entre l'Allemagne et les États-Unis : "Nous voulons un commerce respectueux du système commercial multilatéral de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) mais nous devons reconnaître que depuis de nombreuses années, l'OMC a été incapable de produire des accords internationaux. (...) Je pourrais donc très bien envisager de telles négociations (bilatérales) avec les États-Unis."

Autre sujet de divergence entre Washington et Berlin : le niveau insuffisant des dépenses militaires allemandes et de sa contribution au budget de l'Otan. Au côté de Donald Trump, Angela Merkel a insisté sur le fait que la part du produit intérieur brut (PIB) consacré par l'Allemagne à ses dépenses militaires allait atteindre 1,3 % en 2019, "en hausse par rapport aux années précédentes". Mais ce chiffre reste nettement inférieur à l'objectif de 2 % du PIB fixé par l'Otan, comme l'a rappelé le secrétaire d'État américain Mike Pompeo à Bruxelles.

Avec AFP et Reuters

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.