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REPORTAGE

À Paris, la "formule 1 électrique" vrombit autour des Invalides

Formule E de l'écurie Renault E.Dreams durant les essais sur le circuit de l'ePrix de Paris, le 28 avril.
Formule E de l'écurie Renault E.Dreams durant les essais sur le circuit de l'ePrix de Paris, le 28 avril. Bertrand Guay, AFP

Pour la troisième année consécutive, Paris a accueilli l'une des courses de formule E, le championnat de monoplaces 100% électrique. Un événement sportif qui se veut avant tout une vitrine de l'industrie de la voiture rechargeable. Reportage.

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On peut ne pas posséder de voiture et porter les couleurs d’un constructeur automobile. C’est le cas de Jean-Luc qui, ce samedi 28 avril, n’a pas hésité à sortir sa casquette Renault pour venir assister à l’ePrix de Paris, l'une des 12 courses du championnat de formules E, l'équivalent 100% électrique des formules 1.

Voilà trois ans que la capitale française fait partie des villes hôtes de cette compétition automobile d’un genre nouveau, dont la première édition date de 2013. Pour la maire Anne Hidalgo, qui a fait de la lutte contre la pollution son cheval de bataille, l’occasion d’accueillir "une compétition sportive vecteur de promotion des mobilités douces" était trop belle. Avec ses 2 kilomètres de macadam encerclant le majestueux dôme des Invalides, la course attire chaque année des milliers de visiteurs curieux d’assister au spectacle inédit – et particulièrement photogénique - de rutilants bolides jaillissant devant l’un des plus prestigieux monuments parisiens.

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Jean-Luc, lui, s’est installé aux abords de la façade ouest du bâtiment. "C’est ici qu’on voit le mieux les voitures passer", estime cet habitant de Puteaux qui a déjà assisté aux deux précédentes éditions de l’ePrix de Paris avec son fils de 8 ans, Corentin, qui "regarde les grands prix de Formule 1 à la télé". "Ici, le show est gratuit, les pilotes excellents et le cadre sympathique", explique le père de famille qui se dit "très sensible" aux questions environnementales. "Je pense que l’électrique est l’avenir de la mobilité, même si je sais que l’électricité en France, c’est le nucléaire… C’est en tous cas un sérieux challenge technologique."

Au-delà de la compétition, avec sa pole position, ses dépassements, ses arrêts au stand et son drapeau à damier, l’ePrix de Paris est surtout l’occasion pour l’industrie automobile d’exposer ses modèles "verts" au grand public. Comme un salon de l’automobile à ciel ouvert, le village attenant le circuit aligne les stands des constructeurs lancés depuis près d’une décennie dans la course à l’électrique et à l’hybride (technologie combinant les moteurs électriques et à combustion). Sont présentes les grandes marques européennes : Audi, Citroën, Mercedes, Renault ou encore Jaguar.

"Évangélisation"

"Un constructeur ne peut plus ignorer l’électrique car les acheteurs ont aujourd’hui un vrai souci du respect de l’environnement. En termes d’éthique et de business, ce serait une erreur que de s’en passer", affirme-t-on chez BMW, dont les voitures électriques et hybrides représentaient, en 2017, 4% de la production totale (100 000 véhicules sur les 2,4 millions sortis des usines). En 2019, BMW entend atteindre la barre du demi-million. Reste à convaincre les conducteurs qui peinent encore à se débarrasser des bonnes vieilles voitures à moteur thermique jugés, certes moins écologiques, mais plus performantes et, surtout, plus autonomes. "C’est grâce à des événements sportifs comme les prix de Formule E que nous pouvons montrer que l’électrique peut offrir un vrai plaisir de conduire", affirme Jean-Michel Juchet, directeur de la communication au sein de BMW, qui n’hésite pas à parler d’un "besoin d’évangélisation" du grand public.

Louis-Pierre, Quentin et Marie-Caroline, eux, n’ont pas besoin d’être convaincus des capacités de la voiture rechargeable. En tant qu’étudiant à l’Estaca, une école d’ingénieurs basée à Saint-Quentin-en-Yvelines et Laval, cela fait trois ans qu’ils travaillent à la conception d’une monoplace 100% électrique appelée FSE 02. Le modèle doit être fin prêt pour la course étudiante Formula Student qui se tiendra en juillet près de Parme, en Italie. Les premiers essais ont été concluants : "Notre voiture peut monter jusqu’à 120 km/h, elle accélère très fort et est très agile", annonce fièrement Louis-Pierre. "Elle peut passer de 0 à 100 km/h en seulement 4,5 secondes. Comme une Alpine à moteur à combustion."

Si les trois étudiants ignorent encore quelle sera l’issue de la course, tous savent que c’est l’électrique qui, ces prochaines années, s’apprête à remporter la mise sur le marché de l’emploi. "Il y a une réelle demande des constructeurs en ingénieurs électro-mécaniques. La peur de la fin du pétrole mais aussi la volonté des constructeurs de se diversifier, notamment après les scandales comme le Dieselgate, font que les industriels se dirigent vers l’électrique", observe Quentin.

Mais le trio n’est pas naïf et sait que l’automobile électrique n’est pas la panacée des problèmes environnementaux. "La grande question aujourd’hui est de savoir comment on va stocker l’énergie. Le lithium que contiennent les batteries est assez nocif", prévient Louis-Pierre. Plus que technologique, le premier challenge de l’industrie automobile demeure avant tout écologique.

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