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La ministre britannique de l'Intérieur contrainte à la démission

La ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd,le 26 avril 2018, devant le Parlement britannique.
La ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd,le 26 avril 2018, devant le Parlement britannique. AFP

La ministre britannique de l'Intérieur a démissionné, emportée par le scandale de la "génération Windrush", relatif à la mauvaise gestion par le gouvernement de Theresa May des dossiers de travailleurs venus des Antilles entre 1948 et 1971.

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Le gouvernement britannique est dans la tourmente. Amber Rudd, la ministre de l’Intérieur, a quitté ses fonctions dimanche 29 avril, après plusieurs scandales entourant le traitement des immigrés par ses services, laissant la Première ministre conservatrice Theresa May en position de fragilité à quelques jours d'élections locales.

Elle a été remplacée par le ministre britannique des Communautés, Sajid Javid.

Amber Rudd, 54 ans, était sur la sellette depuis plusieurs jours après la révélation que ses services avaient des objectifs chiffrés pour expulser les immigrés clandestins. Elle avait tout d'abord nié être au courant de l'existence de tels objectifs devant une commission parlementaire.

"J'ai involontairement trompé la commission parlementaire des affaires intérieures sur les objectifs de déplacement des immigrés clandestins pendant leurs questions sur Windrush", a-t-elle reconnu dans sa lettre de démission à Theresa May.

Le scandale Windrush

Amber Rudd paie pour le scandale dit de Windrush, le traitement des immigrés d'origine caribéenne arrivés au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale pour combler la pénurie de main d’œuvre. Depuis deux semaines, le gouvernement peine à expliquer pourquoi certains descendants de ces immigrés avaient pu être classés par la suite comme immigrants clandestins.

Les milliers d'immigrés venus des pays du Commonwealth entre 1948, quand le Windrush, premier bateau transportant des migrants depuis les Caraïbes, a débarqué près de Londres, et le début des années 1970, avaient obtenu le droit de rester indéfiniment. Mais ceux qui n'ont jamais réclamé de papiers d'identité en bonne et due forme se sont retrouvés traités comme des immigrés illégaux, courant le risque d'être expulsés s'ils ne fournissaient pas de preuve pour chaque année de présence au Royaume-Uni.

Les excuses de Theresa May

Interrogée sur le scandale Windrush par les parlementaires mercredi dernier, Amber Rudd, 54 ans, avait affirmé que la Grande-Bretagne n'avait pas d'objectifs en matière d'éloignement des immigrants. Mais elle a ensuite dû clarifier ses propos après que des documents ayant fuité dans la presse ont montré que de tels objectifs existaient.

Le Guardian a ainsi fait état d'une lettre envoyée l'an dernier par Amber Rudd à Theresa May dans lequel elle évoque un objectif "ambitieux mais atteignable" en termes de hausse des expulsions d'immigrants. Face au tollé soulevé par ces menaces d'expulsion, la Première ministre Theresa May a été contrainte de s'excuser la semaine dernière auprès des dirigeants des pays des Antilles présents lors du sommet du Commonwealth, à Londres.

Selon le président de l'association d'aide aux migrants Joint Council for Welfare of Immigrants (JCWI), Satbir Singh, 57 000 personnes seraient concernées par cette situation. Le scandale a aussi suscité l'inquiétude sur la capacité de Londres à gérer les cas de millions de citoyens de l'Union européenne qui vivent actuellement au Royaume-Uni et souhaitent y rester après le Brexit l'an prochain.

Avec AFP et Reuters

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