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Le Tchad se dote d'une nouvelle Constitution qui renforce le régime présidentiel

Le président tchadien, Idriss Déby, à la tête du Tchad depuis 1990.
Le président tchadien, Idriss Déby, à la tête du Tchad depuis 1990. Ludovic Marin, AFP

Une nouvelle Constitution a été adoptée par le Parlement tchadien, lundi, renforçant les pouvoir du président Idriss Déby. Le vote a été boycotté par des partis d'opposition.

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Le Parlement du Tchad a largement approuvé, lundi 30 avril, une nouvelle Constitution.

Le vote était boycotté par la plupart des élus d'opposition, ce qui n’a pas empêché l'Assemblée nationale d’adopter le projet de Constitution par 132 voix pour et 2 contre. L’opposition, appuyée par des membres de la société civile et l'Église catholique, avait réclamé sans succès que la Constitution soit adoptée par référendum.

La réforme institutionnelle a été adoptée au cours d'un forum ayant rassemblé en mars, durant deux semaines, 800 personnes émanant des forces politiques, religieuses et sociales du pays.

>> À lire : "Tchad : la mystérieuse absence d’Idriss Déby à l'assemblée générale de l'ONU"

Une réforme sur mesure pour Idriss Déby

La nouvelle Constitution, qui met en place une 4e République, introduit un mandat présidentiel de six ans, renouvelable une fois, contre cinq ans renouvelables indéfiniment auparavant. Ce changement, effectif à partir de la prochaine présidentielle en 2021, permettrait en théorie à l'actuel président Idriss Déby, parvenu au pouvoir en 1990, de rester à la tête de l'État jusqu'en 2033, puisqu’il en est à son cinquième mandat.

Autre mesure instaurée, les ministres, nommés par le président, prêteront serment devant celui-ci, qui pourra aussi "déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres". "Déby seul sera aux commandes, plus qu'il ne l'était déjà", estime pourtant l'un des principaux partis d'opposition, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

Le texte prévoit aussi que le gouvernement est responsable devant l'Assemblée nationale et que les députés sont élus au suffrage universel direct. Dénonçant un "vote quasi mécanique" au parlement, l'UNDR avait appelé samedi les Tchadiens à protester.

Manifestations autour du Parlement

Des tentatives de manifestation ont eu lieu dès lundi matin autour de l'Assemblée nationale. Une forte présence policière était visible aux abords de l'Assemblée nationale à N'Djamena, a rapporté l'AFP. La route menant au parlement était quadrillée par les forces de l'ordre.

Deux militants de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l'Homme (CTDDH), qui "voulaient faire un sit-in à l'Assemblée" ont été arrêtés, a déclaré son président, Mahamat Nour Ibedou, à l'AFP. Ils ont été libérés en fin de journée.

Avec AFP et Reuters

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