ARMÉNIE

Arménie : des milliers de manifestants à Erevan en soutien à l’opposant Pachinian

Des partisans de l'opposant arménien, Nikol Pachinian, manifestent à Erevan, le 1er mai 2018.
Des partisans de l'opposant arménien, Nikol Pachinian, manifestent à Erevan, le 1er mai 2018. Vano Shlamov, AFP

Plus de 20 000 personnes se sont rassemblées à Erevan à l'appel de l'opposant arménien Nikol Pachinian, qui accuse le parti au pouvoir de vouloir entraver son élection au poste de Premier ministre par le Parlement actuellement réuni.

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Alors que le Parlement arménien est réuni en session extraordinaire, plus de 20 000 personnes manifestent à Erevan pour exiger l’élection de l’opposant Nikol Pachinian au poste de Premier ministre.

Seul candidat en lice, ce dernier a accusé le Parti républicain, qui dispose de 58 des 105 sièges au Parlement, de vouloir entraver son élection. "Je voudrais avertir ces messieurs (du Parti républicain au pouvoir) de ne pas se tromper en prenant la tolérance du peuple pour de la faiblesse, cela peut mener à un véritable tsunami politique", a-t-il lancé devant les députés, peu après l'ouverture de la séance parlementaire.

"J'appelle tout le monde à descendre dans la rue car ils veulent une nouvelle fois voler la victoire du peuple", a-t-il lancé, après avoir déjà accusé dans un message nocturne le parti au pouvoir de vouloir "faire dérailler" son élection.

L'opposant arménien Nikol Pachinian, à la tête de la fronde antigouvernementale qui agite l'Arménie depuis deux semaines, est le seul candidat au poste de Premier ministre. I Soutenu par trois des quatre formations constituant le Parlement, il peut compter sur 47 votes et doit en réunir 53 pour être élu. Il a donc besoin de transfuges du Parti républicain. Il estime qu'un vote en sa faveur serait le meilleur moyen de sortir de l'impasse. "Notre but est de tourner la page de la haine et de créer une atmosphère solidaire (...) Il n'y aura pas de gagnants ni de perdants", a-t-il promis.

Jusqu'à présent, le parti au pouvoir, qui a rencontré lundi Nikol Pachinian avait indiqué ne pas vouloir présenter de candidat rival et ne pas s'opposer à son élection. Mais le ton a changé mardi. "Après la rencontre insatisfaisante d'hier (avec l'opposant), je suis convaincu que monsieur Pachinian ne peut pas être Premier ministre", a ainsi déclaré Edouard Charmazanov, porte-parole du Parti républicain et vice-président du Parlement.

 

>> À lire : Nikol Pachinian, l'opposant qui a fait tomber Serge Sarkissian

 

Les explications de notre envoyée spéciale

 

Un opposant de longue date

Depuis le 13 avril, l'Arménie est plongée dans une crise politique sans précédent : un mouvement de protestation a provoqué le 23 avril la démission de Serge Sarkissian, qui venait d'être élu Premier ministre six jours auparavant par les députés, après avoir été le chef de l'État pendant dix ans.

Ancien journaliste et opposant de longue date, Nikol Pachinian était le principal meneur de la contestation contre le maintien au pouvoir de Serge Sarkissian. Député au Parlement depuis 2017 avec le parti qu’il a créé, "Contrat civil", Nikol Pachinian veut être celui qui fera reculer pauvreté et corruption.

Avant le début du mouvement, entouré de ses partisans, l’opposant a parcouru à pied les 200 kilomètres séparant Gioumri, deuxième ville du pays, et la capitale Erevan, dormant parfois à la belle étoile. Une créativité pour exister sur la scène politique également éprouvée durant la campagne des dernières élections législatives, au cours de laquelle il a multiplié les meetings improvisés dans des arrière-cours ou sur des toits de garage.

Son nom est aussi associé à un souvenir plus tragique. En 2008, il fait alors (déjà) partie des meneurs d’une contestation contre la victoire à la présidentielle de Serge Sarkissian. Les manifestations se transforment en émeutes et en bataille rangée contre la police. Le bilan est lourd : 10 personnes tuées. Ce père de quatre enfants passe alors dans la clandestinité pendant plusieurs mois avant de se rendre à la police en 2009. Condamné à sept ans de prison en janvier 2010, il sera libéré en 2011 à la faveur d'une amnistie.

Avec AFP et Reuters

 

 

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