Dans la presse

"Agur, ETA"

France 24

A la Une de la presse, ce matin, la décision de l’organisation séparatiste basque ETA de se dissoudre, après des décennies d’attentats meurtriers. La visite d'Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie, à six mois du référendum sur l'indépendance. Et les taquineries de la presse australienne sur son séjour en Australie.

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A la Une de la presse, ce matin, la décision de l’organisation séparatiste basque ETA de se dissoudre, après des décennies d’attentats meurtriers.

 

D’après Gara, cette décision devrait être officialisée dans la journée: «ETA fera connaître aujourd’hui sa décision sur la fin de sa trajectoire, fruit de ses débats internes», titre le journal pro-indépendantiste basque, qui annonce également une «rencontre internationale, demain, pour avancer dans la résolution du conflit au Pays Basque»" - une conférence qui doit se tenir à Cambo-les-bains, au pays basque français, avec la participation d’élus locaux et Groupe International de Contact, une association qui œuvre en faveur du processus de paix au pays basque. «Agur, ETA», «au-revoir ETA», salue en basque El Periodico. Le quotidien catalan rapporte aussi cet avertissement lancé au groupe par le gouvernement de Mariano Rajoy: «Il n’y aura pas d’impunité».

 

«ETA, acte final», écrit le journal El Pais – avec une photo de l’avocate Consuelo Ordonez aux côtés de l’eurodéputée Maite Pagazaurtundua, «qui se battent contre l’impunité d’ETA». Sur leur pancarte, le chiffre 853, le nombre de «personnes innocentes assassinées par ETA» - un combat qu’El Pais dit comprendre, en reconnaissant que la dissolution du groupe «n’éteint pas ses fautes», mais qu’elle est en définitive «un moindre mal», «un soulagement pour la démocratie». «L’essentiel, estime le journal, c’est que les tueurs qui ont ensanglanté notre démocratie, abandonnent leur lutte, admettent leur défaite, et s’évanouissent comme un mauvais songe de l’histoire». El Mundo, lui, refuse d’effacer «le chemin de sang», parcouru selon lui par ETA. Pour le journal, Miguel Angel Blanco, ce conseiller municipal du Parti populaire, pris en otage puis exécuté par ETAen 1997, est le symbole des souffrances causées pendant près de six décennies par le groupe armé. «853 personnes assassinées… des milliers de blessés… plus de 10 000 chefs d’entreprise rackettés… plus de 100 000 personnes obligées de quitter le pays basque»: «ETA communique aux médiateurs internationaux sa dissolution sans demander pardon à toutes ses victimes», s’indigne El Pais – qui ne mentionne pas la déclaration faite par le groupe le mois dernier, où ETA reconnaissait le«mal qu’elle a(vait) causé au cours de sa trajectoire armée» et sa«responsabilité directe»dans la«souffrance démesurée du peuple basque».

La question de l’indépendance, sur laquelle la Nouvelle-Calédonie se prononcera, elle, par référendum, en novembre prochain. Alors qu’Emmanuel est attendu aujourd’hui dans cette collectivité française du Pacifique, Les Nouvelles Calédoniennes font état d’un sondage indiquant que près de 60% des Néo-Calédoniens ont l’intention de se prononcer contre l’indépendance - un chiffre que le journal explique par «la moindre mobilisation autour du discours indépendantiste kanak, la conjoncture économique morose, et la crainte d’un impact sur le quotidien», en cas de séparation. Une question qui divise de plus en plus la Nouvelle-Calédonie, d’après L’Humanité, qui évoque une tension grandissante à mesure qu’approche le référendum - notamment à Ouvéa, où Emmanuel Macron se rendra samedi pour commémorer les 30 ans de l'assaut meurtrier de la grotte de Gossanah. - une première pour un chef de l’Etat français. «Le temps de la décolonisation» est-il enfin arrivé?, demande l’Huma.

 

Emmanuel Macron était jusqu’à ce matin en Australie, où sa visite a suscité des réactions… disons surprenantes. On a beaucoup parlé dans la Revue de presse de l’opération séduction du président français aux Etats-Unis - à en croire The Daily Telegraph, Emmanuel Macron aurait opté pour la même stratégie en Australie. Mais la version australienne du tabloïd, propriété du groupe Murdoch, peu porté, il faut le dire, sur le charme français, ne semble pas vraiment emballée, comme en témoigne sa Une datée de ce matin, qui montre le chef de l’Etat transformé en «Pépé le putois», ce personnage de dessin animé, à l’anglais médiocre et au fort accent français, séducteur infatigable de la gent féminine, poursuivi par un épouvantable fumet.

 

Les Australiens décidément bien taquins, qui n’ont pas manqué non plus de s’amuser de la boulette d’Emmanuel Macron, qui a rendu hommage, avant de partir, à l’épouse de Malcom Turnbull en la décrivant comme une femme «delicious», «délicieuse» - sauf qu’en anglais, cet adjectif est employé pour qualifier la nourriture, et non les personnes, sauf pour une allusion à connotation sexuelle. C’est ce qu’on appelle «un faux ami», comme le rappelle Mashable en collaboration avec France24. «Ce n’est pas une mauvaise traduction, il est juste français», a notamment commenté un internaute. Pas très «nice», tout de même - «no comment?».

 

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