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NOBEL DE LITTÉRATURE

Harcèlement sexuel : l'Académie suédoise reporte la remise du Nobel de littérature

L'académie suédoise à Stockholm.
L'académie suédoise à Stockholm. Fredrik Sandberg, AFP
2 mn

Le prix Nobel de Littérature ne sera pas décerné cette année en raison d'une affaire de harcèlement sexuel. Celle-ci avait déjà poussé à la démissions plusieurs membres de l'Académie suédoise qui attribue cette distinction.

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L'Académie suédoise a annoncé vendredi 4 mai qu'elle reportait le prix Nobel de littérature 2018.

"Le prix Nobel 2018 de littérature sera désigné et annoncé en même temps que le lauréat 2019", a expliqué l'institution dans un communiqué.

Le communiqué de l'Académie suédoise

Cette décision est une première depuis près de soixante-dix ans. Elle survient après les révélations d'accusations de viols et agressions visant l'époux français d'une académicienne.

En novembre 2017, le quotidien Dagens Nyheter avait publié les témoignages de 18 femmes affirmant avoir subi des violences ou des faits de harcèlement sexuel de la part de Jean-Claude Arnault, marié à la poétesse et dramaturge Katarina Frostenson. Il est en outre soupçonné d'être à l'origine de fuites sur l'attribution du prix.

Un Français au cœur du scandale

L'Académie a depuis novembre rompu tout lien avec le mari de Katarina Frostenson, lequel nie tout comportement criminel. Elle a également coupé ses subventions au lieu d'exposition qu'il dirige à Stockholm, couru des élites culturelles. Une enquête interne a été ouverte. Depuis, sept des 18 académiciens, dont la secrétaire perpétuelle en exercice Sara Danius, ont égalament abandonné leur fauteuil.

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Sur le plan judiciaire, le parquet de Stockholm a annoncé mi-mars qu'une partie de l'enquête ouverte contre l'homme au cœur du scandale avait été classée sans suite pour cause de prescription ou faute de preuves. Il s'agit de viols et d'agressions présumés commis en 2013 et 2015. Les faits non encore classés n'ont pas été divulgués.

Ce n'est pas la première fois que l'institution fait face à une vague de démissions. Trois académiciens avaient décidé en 1989 de ne plus occuper leur chaire face au refus de l'institution de condamner la fatwa frappant Salman Rushdie après la parution des "Versets sataniques". Elle avait fini par la dénoncer vingt-sept ans après.

Avec AFP

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