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Lancement de la mission InSight pour comprendre la mystérieuse planète Mars

© Nasa, JPL-Caltech, MSSS, AFP | Des dépôts sédimentaires photographiés à la surface de Mars par le rover Curiosity, publié par la Nasa le 9 décembre 2013.

Texte par Jean-Luc MOUNIER

Dernière modification : 04/05/2018

La fusée Atlas V va décoller samedi des États-Unis avec à son bord, notamment, un sismomètre de haute précision. L'objectif ? Étudier la structure de Mars et comprendre pourquoi la planète rouge s'est refroidie il y a plusieurs milliards d'années.

"Écouter battre le cœur de Mars" : c'est par ces mots que le Centre national d'études spatiales (Cnes) a communiqué au sujet de la mission InSight, qui sera lancée samedi 5 mai depuis la base de Vandenberg, en Californie. Direction la Planète rouge pour la fusée Atlas V pendant six mois, avec à son bord le sismomètre Seis qui aura pour mission, une fois posé sur Mars, "de comprendre comment s’est formée Mars et comment elle a évolué jusqu’à devenir [il y a plusieurs milliards d’années, NDLR] le désert glacé d'aujourd’hui", selon le Cnes.

Cette volonté de mettre un observatoire de géophysique à la surface de Mars vise à "déterminer la structure interne" de la Planète rouge, comme l’explique Philippe Lognonné, géophysicien principalement en charge de l’instrument Seis à l’Institut de physique du globe, à Paris.

Avant la mission InSight, on a su récemment grâce à la sonde Maven, lancée en 2013 par la Nasa, que Mars possédait une atmosphère dense qui rendait son environnement habitable. "Mars est une grosse machine thermique qui a généré du volcanisme, un champ magnétique, une atmosphère, des rivières", précise Philippe Lognonné, joint par téléphone par France 24.

Mais voilà : "la machine" Mars s’est arrêtée il y a à peu près 3,5 à 4,5 milliards d’années. "On veut comprendre ce qu’il s’est passé", explique Philippe Lognonné. Et de s’interroger : "Pourquoi une planète, qui possédait un cycle de l’eau que l'on pensait être compatible avec l'existence de vie, s'est arrêtée d'être habitable ?" La mission InSight va tenter de percer ce mystère.

Le noyau de Mars au centre de l'attention

Pour cette mission de la Nasa, la 12e du programme Discovery à laquelle participent le Cnes français et le DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, le centre aérospatial allemand), la fusée Atlas V va emmener sur Mars plusieurs outils : le sismomètre Seis, ainsi que le HP3 et le Rise, pour respectivement prendre la température et mesurer les réflexes de la Planète rouge. "Des outils utilisés classiquement sur Terre depuis plus d’un siècle par les géophysiciens", précise Philippe Lognonné.

Tous ces instruments, qui doivent récolter des données précieuses, car encore inconnues, au sujet de Mars, poursuivent des objectifs clairs. Le DLR va tenter de comprendre ce qu’il s’est passé sur Mars en mesurant les flux de chaleur. Le Cnes va étudier pour sa part la structure interne de la planète avec le sismomètre Seis : recherche de sismicité, mesure de la taille du noyau de Mars, ainsi que de l’épaisseur de sa croûte.

Le noyau présente un intérêt particulier pour la communauté scientifique. Philippe Lognonné explique : "On ne sait pas très bien ce qu’il se passe à la base du manteau martien. Il s’agit de comprendre comment cette planète tellurique [planète essentiellement composée de roches et de métal, NDLR] s’est formée, sachant qu’elle n’est pas à la même distance du Soleil que la Terre". D’ailleurs, la Terre est actuellement la seule planète tellurique de notre système solaire dont on a mesuré la taille du noyau.

"Une série de premières scientifiques"

Une autre mesure va consister à déterminer l’épaisseur de la croûte de la Planète rouge. "Cela va nous donner des infos sur l’histoire du volcanisme à la surface de Mars (...) Plus c'est épais, et plus cela indique qu’il y a eu du volcanisme", précise Philippe Lognonné. Et d’ajouter : "Pour dater la croûte, il faudra simplement observer la superposition des coulées de lave [à la surface de Mars, NRDL]".

En plus d’obtenir une datation précise à l’échelle de plusieurs milliards d’années, la mission InSight pourrait aussi permettre à la communauté scientifique de voir des détails associés à l’activité contemporaine – c’est-à-dire il y a plusieurs millions d’années – de Mars. "Ce serait la cerise sur le gâteau", espère Philippe Lognonné. À son arrivée sur Mars, le 28 novembre prochain, la fusée Atlas V va se poser à proximité du volcan Elysium Mons qui, selon le géophysicien, "présente des coulées de lave de moins de 10 millions d’années".

Toutes ces mesures qui devraient être effectuées sur la planète Mars sont "une série de premières historiques", estime Philippe Lognonné, qui ajoute : "On va essayer de faire ce que les géophysiciens ont fait sur Terre entre 1890 et 1910". Le sismomètre Seis sera déployé dans le courant du mois de décembre prochain, puis les premières mesures continues régulières et les premiers retours scientifiques sur les données récoltées vont commencer au début de l’année 2019.

La mission InSight doit normalement durer une année martienne, soit un peu moins de deux années terrestres. Elle pourrait bien se poursuivre plus longtemps si le sismomètre Seis arrive à faire parler Mars.

Première publication : 04/05/2018

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