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"La fête à Macron" : François Ruffin, le mégaphone des "sans-voix"

François Ruffin lors de la manifestation "La fête à Macron", le 5 mai 2018 à Paris.
François Ruffin lors de la manifestation "La fête à Macron", le 5 mai 2018 à Paris. Gérard Julien, AFP

Le député co-organise, samedi, "la fête à Macron". Déjà auteur de multiples coups d'éclat, le réalisateur de "Merci Patron" espère mobiliser largement, et sans violence, contre la politique mise en place depuis un an par le président français.

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Le temps d’une journée, le leader de La France insoumise ne sera plus Jean-Luc Mélenchon, mais François Ruffin. Le député de la Somme a appelé, samedi 5 mai, à une mobilisation à Paris pour faire " La fête à Macron", en d’autres termes dénoncer la politique mise en place par le président français depuis son arrivée au pouvoir, il y a un an.

"Beaucoup de gens sont aujourd’hui mécontents pour des raisons variées, mais qui ont en commun des décisions prises par le gouvernement d’Emmanuel Macron, que ce soit la CSG, les fermetures de classe, les Ehpad, la SNCF, etc. L’idée, c’est que chacun ramène son navet de revendication, sa carotte de mot d’ordre et on met tout en commun !", explique le député de 42 ans. Depuis la place de l’Opéra, il appelle à une journée "pot-au-feu", un défilé sans violence, aux côtés de députés LFI, l’équipe de son journal local amiénois, Fakir, et surtout de militants du mouvement anti-loi Travail Nuit Debout, auquel il a participé en 2016.

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500 000 places vendues pour "Merci Patron"

Élu depuis peu, François Ruffin a commencé à se faire connaître il y a plus de 18 ans grâce à son franc-parler et sa volonté de défendre les salariés, les "sans-voix", face aux grands groupes industriels. En ce sens, dès 1999, il fonde à Amiens un journal militant, Fakir, pour protester contre la municipalité. Le trimestriel tire aujourd’hui à près de 90 000 exemplaires.

En 2003, à sa sortie du Centre de formation des journalistes, il publie "Les petits soldats du journalisme", critique acerbe des coulisses d’une école qui apprend à "ne surtout plus penser, trembler devant sa hiérarchie". À 28 ans, il est déjà révolté et clivant, notamment au sein de sa profession.

C’est son documentaire, militant lui aussi, "Merci Patron", sorti en salles en février 2016, qui le révèle au public national et international. 500 000 personnes y suivent le parcours du trublion Ruffin pour porter la voix d’un couple licencié par une filiale du groupe français LVMH auprès de son PDG, le milliardaire Bernard Arnault. Il remporte le César du meilleur film documentaire en 2017.

Tenant du protectionnisme

Fort de sa réputation, ce tenant du protectionnisme et de l’antilibéralisme s’insère rapidement dans le mouvement Nuit Debout, né en mars 2016 des manifestations contre la loi Travail et qui prône la convergence des luttes contre le système économique. En février 2017, il lance sa campagne pour les élections législatives sous le slogan "Ils ont l’argent, on a les gens", avec le soutien de LFI, du Parti communiste et d’EELV.

Élu au second tour en juin avec 56 % des voix face à un candidat de la majorité présidentielle, il a renoncé à ses indemnités de député pour n’en conserver que l’équivalent du SMIC (1 200 euros net) et mène depuis son combat depuis l’Hémicycle, où il siège avec 16 autres députés LFI. Il y multiplie les coups d’éclat et les coups de gueule, notamment en décembre quand il y défend une loi pour taxer les gros transferts sportifs au profit du sport amateur, en portant le maillot d’un petit club de foot de la Somme. Ou en février, quand il y a dénoncé le statut "invisible" des femmes de ménage. "Pendant la Révolution française, les députés ont eu rôle très important de porteur de la voix du peuple. Je veux être un porteur de cette voix-là", affirme celui pour qui "l’Assemblée nationale, c’est du flan" car "la loi se fait à l’Élysée".

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Autant de combats que François Ruffin entend retrouver à la tribune de la place de l’Opéra samedi, d’où quatre chars et des dizaines de milliers de personnes ont défilé jusqu’à Bastille. Le tout, il insiste, pacifiquement. "Je n’ai jamais prôné la violence en 18 ans. Mon objectif est que le fleuve déborde. Qu’il y ait de plus en plus de monde dans les manifestations (…), ce qui entraînerait un rapport de force puissant avec l’exécutif. Et ça n’arrivera pas si la violence sert d’épouvantail", affirme-t-il.

Populaire sur les réseaux sociaux et invité fréquent des médias, François Ruffin ne fait pour autant pas consensus, loin de là, et agace beaucoup, y compris auprès de sa famille politique. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a annoncé qu’il ne se rendrait pas à la manifestation de samedi. "Ça fait longtemps que je le connais, il est syndiqué à la CGT. C’est quelqu’un que je respecte. Après, ce n’est pas un jour un homme politique, un jour le porte-parole de Nuit debout, un autre jour le rédacteur en chef de Fakir et un autre jour le réalisateur de Merci patron ! Il faut qu’il assume d’être un député de La France insoumise, c’est un homme politique", a-t-il déclaré à Libération.

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