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Macron : "La France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie"

Le président Emmanuel Macron, après la cérémonie de Wadrilla sur l'île d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie.
Le président Emmanuel Macron, après la cérémonie de Wadrilla sur l'île d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Ludovic Marin, AFP

Après avoir assisté aux cérémonies d'hommage aux victimes du 4 mai 1988 sur l'île d'Ouvéa, au mémorial de Wadrilla, le président français a appelé les Calédoniens "à ne pas faire reculer l'Histoire", lors du référendum sur l'indépendance.

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Emmanuel Macron s'est gardé de prendre parti sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, objet d'un référendum au mois de novembre prochain, mais il a appelé les Calédoniens à "ne pas faire reculer l'Histoire". Il s'exprimait dans un long discours qui clôture son déplacement en Nouvelle-Calédonie, samedi 5 mai.

"Il n'appartient qu'à nous tous de ne pas faire reculer l'Histoire, que le choix se fasse dans le calme en gagnant chaque centimètre de paix et de concorde", a déclaré le chef de l'État devant le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, élus, chefs coutumiers, représentants de la société civile et responsables économiques.

"La France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie", a-t-il insisté, en saluant l'engagement du territoire pour la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi "parce qu'elle est une part de cette France-monde" et parce qu'elle "a apporté à toute la France des modèles", dont celui "d'accepter toute cette diversité". Mais "c'est aux Calédoniens qu'il appartient de le dire, de choisir" lors du référendum sur l'indépendance du 4 novembre, a-t-il ajouté.

L'analyse de l'anthropologue Alban Bensa, spécialiste de la Nouvelle-Calédonie et de la culture du peuple Kanak

Actes de prise de possession

Le chef de l'État a ensuite remis au gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie les deux actes de prise de possession de ce territoire, les 24 et 29 septembre 1853 au nom de Napoléon III, dans un geste hautement symbolique. Les documents étaient jusqu'alors conservés aux archives de l'Outre-mer d'Aix-en-Provence.

"Je les remets à l'ensemble des Calédoniens", a déclaré Emmanuel Macron. "Nous ne sommes plus au temps de la possession, nous sommes au temps des choix et de la prise de décisions collectives." Avec ce geste, "vous allez marquer l'Histoire de la Nouvelle-Calédonie", a estimé Philippe Germain, président du gouvernement local.

Commémorations sur l'île d'Ouvéa

Ce discours et cette cérémonie viennent clore une visite de trois jours dans l'archipel calédonien. Le chef de l'État s'est auparavant plié à l'exercice délicat de commémorer les événements de 1988 sur l'île d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, quand 19 militants kanak ont été tués lors de l'assault sur une grotte où des gendarmes avaient été pris en otage, tragédie qui a ouvert la voie aux accords de Nouméa.

Le président français n'a pas déposé de gerbe sur la tombe des 19 militants kanak, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes au mémorial de Wadrilla, mais il a été chaleureusement accueilli et remercié par la population touchée par sa présence en "ce moment fort".

Toutefois, un collectif d'habitants de Gossanah, où se trouve la grotte, mène campagne depuis mi-avril pour s'opposer à la venue du chef de l'État, qualifiée de "provocation". Samedi matin, un barrage filtrant de gendarmes avait été dressé à la hauteur de Gossanah, dans le nord de cet atoll, au cas où ce groupe, très minoritaire, aurait souhaité perturber la visite. "On n'a jamais eu l'idée (d'user de) violence, on n'a pas d'arme, juste des drapeaux kanak", a expliqué l'un de ses membres.

"Apaiser tout le monde"

Pour "apaiser tout le monde" et "compte tenu de cette voix dissidente", comme il l'a expliqué à son arrivée, Emmanuel Macron est resté de l'autre côté de la route, entouré d'enfants et d'officiels, au moment où les familles des 19 militants ont déposé une gerbe sur le mémorial de Wadrilla.

Dans cette île meurtrie par les violences entre indépendantistes et loyalistes des années 1980, de longs processus de réconciliation et de pardon ont été accomplis avec les gendarmes et entre familles.

Des couronnes ont ainsi été déposées sur trois plaques en granit du monument : celles à la mémoire des deux leaders kanaks, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné, et celle de Djubelly Wéa, qui les assassina le 4 mai 1989. Orignaire de Gossanah, ce pasteur aux idées radicales s'opposait à la paix des accords de Matignon du 26 juin 1988.

"J'ai voulu aller plus au contact dans une année importante [un référendum sur l'indépendance a lieu le 4 novembre, NDLR]. Nous savons tous les pleurs et les souffrances et aussi ce qui a été fait par vous tous dans un travail lent et patient", a déclaré le président, en hommage aux démarches des habitants pour refermer les plaies.

Emmanuel Macron est le premier chef d'État à se rendre à Ouvéa depuis la tragédie et son déplacement intervient 30 ans jour pour jour après l'assaut militaire contre la grotte, le 5 mai 1988.

Entouré des élus locaux et des responsables coutumiers kanaks d'Ouvéa, le chef de l'État avait entamé la matinée par un dépôt de gerbe à la gendarmerie de Fayaoué à la mémoire des quatre gendarmes tués le 22 avril lors de l'attaque de la brigade, et des deux militaires morts pendant l'assaut.

Avec AFP

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