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Afrique

Cinq pays d'Afrique lancent une campagne inédite de vaccination contre le choléra

© Gavi | Campagne de vaccination contre le choléra à Lusaka, en Zambie, en avril 2018.

Texte par Rémi CARLIER

Dernière modification : 08/05/2018

La plus importante campagne de vaccination contre le choléra jamais lancée au monde est actuellement menée dans cinq pays d’Afrique, visant plus de deux millions de personnes. L’OMS compte faire baisser le nombre de morts de 90 % d’ici 2030.

Plus de deux millions d’Africains s’apprêtent à être vaccinés contre le choléra d’ici à la mi-juin. Une campagne sans précédent à l'initiative de cinq pays africains, annoncée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lundi 7 mai. À titre de comparaison, de 1997 à 2012, seulement 1,5 million de vaccins ont été utilisés dans le monde.

"C'est une riposte d'une ampleur sans précédent à la vague d'épidémies de choléra qui traverse l'Afrique", a déclaré dans un communiqué le Dr Seth Berkley, directeur de Gavi, une organisation basée à Genève chargée de la gestion du stock de vaccins et de sa fourniture.

Depuis 2017, le Gavi, financé par une multitude de partenaires (gouvernements, fondations, multinationales…), a dépensé 115 millions de dollars dans la fourniture de vaccins aux pays à faible revenu. Selon l’organisme, la forte augmentation des demandes de vaccins de la part des pays touchés par le choléra vient de l’accessibilité récente des doses. "Les stocks sont encore tendus mais nous avons aujourd’hui de quoi répondre à la demande", affirme l’organisation basée à Genève.

Cette disponibilité a aussi conduit les États pour qui l’aide est gratuite à reconnaître plus facilement l’existence d’épidémies.

Plus de cent morts en Zambie

Le vaccin contre le choléra, maladie diarrhéique sévère qui se contracte par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae, est administré par voie orale en deux doses, la première protégeant pendant six mois, et la seconde de trois à cinq ans. Son administration a démarré au Nigeria, en Ouganda, en Zambie, au Malawi et au Soudan du Sud dans une action, suivant les pays, des agents des ministères de la Santé, de l’OMS, de l’Unicef ou d’ONG comme Médecins sans frontières (MSF).

Au Nigeria, 1,2 million de doses doivent protéger environ 600 000 personnes contre une épidémie émergeant dans l’État de Bauchi, dans le Nord. Au Malawi, pays pauvre d’Afrique du Sud-Est, où les fortes intempéries de la fin mars ont entraîné l’apparition du bacille et la mort de plus de 30 personnes (sur plus de 900 cas signalés), 500 000 personnes doivent être vaccinées dans la capitale Lilongwe.

En Ouganda, 360 000 personnes vivant dans le district de Hoima, qui héberge plusieurs camps de réfugiés congolais dans l'Ouest, seront vaccinés. Le pays prévoit par ailleurs de vacciner plus de 1,7 million de personnes dans les mois à venir. En Zambie, 667 100 doses sont en cours de distribution dans le bidonville de Lusaka dans le cadre d'une deuxième distribution de vaccins après l'épidémie majeure qui a infecté plus de 5 700 personnes et fait plus d'une centaine de victimes depuis 2017.

Enfin, 114 000 doses ont été expédiées au Soudan du Sud en prévention, avant la saison des pluies, dans ce pays déchiré par la guerre et où plus de 400 personnes sont mortes du choléra de juin 2016 à décembre 2017. À l’époque, une vaste campagne financée par le Gavi et mise en place par l’OMS avait permis de vacciner un million de personnes et de mettre fin à l’épidémie.

Campagne utiles à court terme

Mais de l’aveu même tant du Gavi que de l’OMS, qui compte faire baisser le nombre de morts du choléra de 90 % d’ici à 2030, ces campagnes ne sont utiles qu’à court terme. En moyenne, 95 000 personnes en meurent chaque année et les populations à risque sont de plus en plus nombreuses, les phénomènes de migration faisant exploser les zones urbaines et le nombre de bidonvilles. L’OMS estime que 1,8 milliard de personnes dans le monde boivent de l’eau provenant de sources où le bacille du choléra est susceptible d’être présent.

"Vu le nombre croissant de personnes qui succombent actuellement à cette maladie terrible, mais évitable, il est plus que jamais évident qu'il est nécessaire d'améliorer la qualité de l'eau et de l'assainissement : c'est la seule solution durable à long terme aux épidémies de choléra", souligne le Dr Seth Berkley.

L’approche intégrée incluant notamment l’amélioration de la qualité de l’eau, de l'assainissement et de l'hygiène (WASH, pour Water, Sanitation & Hygiene), qui a permis l’éradication du bacille en Europe, est favorisée dans les "points chauds" par les organismes de santé, mais aussi par des pays frappés par les épidémies comme la Zambie et Haïti. Sa mise en place est néanmoins extrêmement complexe, notamment dans les villes où la population augmente fortement : la population urbaine mondiale doit passer de 3,8 milliards (en 2013) à 6,3 milliards en 2050, les pays d’Afrique subsaharienne étant les plus concernés par cette croissance.

Une ville comme Lusaka, en Zambie, souffre de son manque d’infrastructures sanitaires : la ville, construite pour environ 300 000 personnes, en compte aujourd’hui plus de 2,5 millions et les bidonvilles se sont multipliés à sa périphérie. "Des puits d’eau, des fosses septiques ont été creusés de façon non coordonnées, ce qui a contribué à la contamination des nappes phréatiques. S'attaquer au choléra nécessitera non seulement une intervention immédiate, mais également une politique à long terme, et probablement la démolition de ces bidonvilles", confie à RFI le docteur Max Bweupé, porte-parole du ministère de la Santé.

Première publication : 08/05/2018

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