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Italie : le mouvement 5 étoiles et l'extrême droite en voie de former un gouvernement

Les chefs de file des deux formations, Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue), se sont retrouvés jeudi 10 mai à la Chambre des députés.
Les chefs de file des deux formations, Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue), se sont retrouvés jeudi 10 mai à la Chambre des députés. Montage AFP

Le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio et la Ligue de Matteo Salvini ont annoncé jeudi dans un communiqué avoir franchi des étapes importantes en vue de former un gouvernement en Italie et espèrent finaliser l'ensemble rapidement.

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Les tractations entre le Mouvement Cinq Étoiles (se revendiquant comme ni de gauche ni de droite et revendaiquant la démocratie participative) et la Ligue (extrême droite), pour former le premier gouvernement antisystème d'Italie sont entrées jeudi dans le vif du sujet, après le retrait du principal obstacle, à savoir Silvio Berlusconi.

Les chefs de file des deux formations, qui à elles deux disposent d'une courte majorité au Parlement, Luigi Di Maio (M5S), 31 ans, et Matteo Salvini (Ligue), 45 ans, se sont retrouvés jeudi 10 mai au matin à la Chambre des députés.

Dans un communiqué conjoint, ils ont évoqué "un climat positif pour définir le programme et les priorités du gouvernement", ainsi que "des pas en avant importants" sur la composition de l'équipe, afin de donner un gouvernement au pays "à brève échéance".

Combat des chefs

Dans l'après-midi, ce sont les experts chargés des différents dossiers au sein des deux partis qui doivent se retrouver pour préparer le contrat de gouvernement "à l'Allemande" que le M5S propose depuis deux mois.

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Selon la presse italienne, le président Sergio Mattarella, qui a renoncé à nommer dès mercredi un chef de gouvernement "neutre" après deux mois d'impasse, est désormais disposé à laisser quelques jours aux deux hommes pour s'entendre.

D'autant que les questions à régler sont encore nombreuses, à commencer par le choix du chef du gouvernement. Depuis les élections du 4 mars, les deux hommes revendiquent chacun le poste, Luigi Di Maio en tant que chef du premier parti du pays (plus de 32 %), Matteo Salvini en tant que leader de la coalition de droite arrivée en tête (37 %, dont 17 % pour la Ligue).

Tous deux se disent prêts à faire un pas en arrière pour choisir ensemble une autre personnalité mais, selon la presse, aucun n'a complètement renoncé.

Berlusconi d'accord pour un gouvernement M5S/Ligue

Parallèlement, les divergences sur le fond semblent importantes entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein des voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d'impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.

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Outre l'ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l'immigration ou de moralisation de la vie politique.

Et mercredi soir, le principal verrou a sauté : Silvio Berlusconi, l'allié que Matteo Salvini ne voulait pas lâcher, mais avec lequel Luigi Di Maio refusait de parler, a donné son feu vert à un accord dit "jaune-vert" (M5S/Ligue).

Dans un communiqué envoyé dans la soirée, le milliardaire âgé de 81 ans, qui a dirigé la droite italienne pendant vingt-cinq ans, a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient pas la confiance à un gouvernement du M5S, estimant que ce parti n'avait pas "la maturité politique pour assumer cette responsabilité".

Mais "si une autre force politique de la coalition de droite veut assumer la responsabilité de former un gouvernement avec les 5 étoiles, nous prendrons acte de ce choix avec respect", a-t-il assuré. Surtout, il a ajouté que cela ne romprait pas l'alliance entre FI et la Ligue, en particulier dans les régions qu'ils dirigent ensemble dans le nord de l'Italie, un point essentiel pour le parti de Matteo Salvini.

Avec AFP

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