Accéder au contenu principal

Sommet à Singapour : plus neutre, plus sûr et en bons termes avec Washington et Pyongyang

Singapour a de multiples atouts qui expliquent pourquoi Donald Trump et Kim Jong-un s'y rencontreront le 12 juin.
Singapour a de multiples atouts qui expliquent pourquoi Donald Trump et Kim Jong-un s'y rencontreront le 12 juin. Saul Loeb, AFP

Le choix de Singapour pour accueillir le sommet historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, le 12 juin, s’explique aussi bien par des considérations géopolitiques que pratiques.

Publicité

Le 12 juin, Singapour, une ville-État de 5,6 millions d’habitants, deviendra le centre du monde diplomatique. Le président américain, Donald Trump, y rencontrera son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, pour un sommet historique.

Ce choix pour le petit pays asiatique peut surprendre. Donald Trump n’avait que l’embarras du choix : la Chine, la Suisse, le Vietnam ou encore la Mongolie s’étaient montrés intéressés pour accueillir les deux dirigeants. L’option d’un sommet dans la zone démilitarisée entre les deux Corées avait semblé comme le lieu idéal pour un tel événement, selon Donald Trump. C’est à cette frontière que le président sud-coréen Moon Jae-in avait rencontré Kim Jong-un, fin avril

Vieux coucous

En fait, Singapour s’est lentement imposé comme le candidat idéal pour plusieurs raisons. L’une d’elle est que l’État a “de bonnes relations à la fois avec les États-Unis et la Corée du Nord”, a expliqué Raj Shah, l’un des porte-parole de la Maison Blanche. Singapour a été érigé au rang de “partenaire stratégique” par Barack Obama en 2012 et a signé un accord de sécurité avec les États-Unis en 2015. De son côté, la Corée du Nord entretient des relations diplomatiques ininterrompues avec cet important centre financier asiatique depuis 1975 et y dispose même d’une ambassade.

Parmi les pays de la région, Singapour est aussi le plus neutre aux yeux de Donald Trump. Le Vietnam, malgré des relations plutôt froides avec Pyongyang, garde l’image d’un ami d’un pays communiste. Quant à la Chine ou la Mongolie, le risque était qu’une partie du prestige du sommet américano-coréen rejaillisse sur Pékin. En acceptant de venir à Singapour, “Donald Trump peut être sûr d’être le seul sous le feu des projecteurs médiatiques”, a affirmé Ernie Bower, PDG du cabinet de conseil BowerGroupAsia au Straits Time, l’un des principaux quotidiens de Singapour.

Un autre pays neutre – la Suisse – était également dans la course. Habitués aux sommets diplomatiques, les Helvètes apparaissaient comme des hôtes légitimes. Mais, c’est probablement une histoire de vieux coucous qui a douché les espoirs suisses. “Pour beaucoup d’analystes, les avions nord-coréens sont dépassés et n’auraient pas pu faire le trajet jusqu’à l’Europe sans avoir à effectuer plusieurs arrêts pour refaire le plein, ce qui n’aurait pas donné une bonne image de la puissance nord-coréenne”, assure le Washington Post.

Sécurité au top

Singapour n’est, en outre, pas en reste pour ce qui est d’accueillir des grand-messes diplomatiques. Si la ville-État est surtout connue pour sa puissance financière, elle avait déjà réussi à organiser avec succès une rencontre de tous les dangers en 2015 entre le président chinois Xi Jinping et son homologue taïwanais Ma Ying-jeou.

Kim Jong-un devrait également se sentir un peu comme chez lui sur un point à Singapour : la sécurité. Le pays est connu pour opérer un contrôle strict de sa population. “Les habitants y souffrent de sévères restrictions à leurs droits les plus élémentaires, comme la liberté d’expression ou encore celle de manifester”, écrit Human Right Watch, dans son rapport de 2016 sur Singapour. La liberté de la presse y est quasi-inexistante, les manifestations sont interdites et les autorités s’apprêtent à installer des systèmes de reconnaissance faciale à tous les feux rouges. Le dirigeant nord-coréen, qui limite au maximum ses déplacements par crainte d’une tentative d’assassinat, devrait se sentir à l’aise dans cette atmosphère très policière.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.