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Italie : les négociations entre la Ligue et le Mouvement 5 Étoiles achoppent sur l'immigration

Luigi Di Maio, chef de file des deux formations du M5S, photographié le 14 mai au palais présidentiel du Quirinal.
Luigi Di Maio, chef de file des deux formations du M5S, photographié le 14 mai au palais présidentiel du Quirinal. Andreas Solaro, AFP

Les discussions entre le Mouvement 5 Étoiles de Luigi di Maio et la Ligue de Matteo Salvini en vue de former un gouvernement d'union coincent toujours en Italie, notamment à cause des questions d’immigration et des relations avec l'UE.

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Le parti nationaliste italien de la Ligue a posé, lundi 14 mai au soir, ses conditions en matière de lutte contre l'immigration pour sceller son entente et former un gouvernement d'union avec le Mouvement 5 Étoiles (M5S, populiste antisystème), qui a demandé "quelques jours" de plus pour discuter.

"Comme nous sommes en train d'écrire ce qui sera le programme du gouvernement pour les cinq prochaines années, il est important pour nous de l'achever au mieux, c'est pourquoi nous avons demandé quelques jours de plus", a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du M5S, à l'issue d'un entretien de 45 minutes avec le président de la République Sergio Mattarella.

"Les mains libres"

Reçu un peu plus tard, à l'issue de plusieurs jours d'intenses tractations, le patron de la Ligue Matteo Salvini s'est montré beaucoup moins conciliant. "Si je vais au gouvernement, je veux faire ce que j'ai promis aux Italiens", a-t-il martelé, assurant que son parti ne craignait pas de retourner aux urnes en cas d'échec des discussions.

>> À lire sur France 24 : "La victoire des eurosceptiques en Italie, un scénario cauchemardesque pour Bruxelles"

Il a ainsi réclamé que la Ligue ait "les mains libres" pour lutter contre l'immigration clandestine et "garantir la sécurité des citoyens", en particulier via une libéralisation de la légitime défense. Si les discours électoraux affichaient la même fermeté en matière d’immigration, les mesures concrètes réclamées par la Ligue sont trop "musclées" pour le M5S, selon plusieurs médias.

Concernant l'Union européenne, "les Italiens ont voté pour nous pour aller à Bruxelles et Strasbourg afin de remettre au centre les thèmes de l'emploi des Italiens, de la dignité du travail, de la défense de l'agriculture, du 'Made in Italy', de la pêche", a déclaré le patron de la Ligue, alliée du Front national français.

Aucune majorité claire n'a émergé après les élections du 4 mars. Le mouvement contestataire de Luigi Di Maio est devenu le premier parti d'Italie avec 32 % des voix, mais la coalition de droite formée par la Ligue (17 %), Forza Italia de Silvio Berlusconi et Frères d'Italie est arrivée en tête avec 37 %.

L'identité du futur chef du gouvernement en question

Depuis le début des discussions, la semaine dernière, la synthèse n'est pas simple entre la Ligue, formation nationaliste qui a fait le plein des voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d'impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté.

Dans ce contexte, le mystère de l'identité du futur chef du gouvernement est passé au second plan. Chaque camp s'opposant fermement à la désignation du chef de l'autre, la presse évoque la recherche d'une personnalité compatible avec les deux sans être trop liée à l'un ou à l'autre, susceptible de faire autorité au plan international et de faire entendre à Bruxelles la tonalité eurosceptique du futur exécutif.

Luigi Di Maio a expliqué à la presse qu'il s'était accordé avec Matteo Salvini pour ne rendre aucun nom public avant d'en avoir parlé avec le président. Toutefois, un nom a circulé pour le poste de président du Conseil : celui de l'économiste Giulio Sapelli, 71 ans, qui dit avoir été contacté par les deux partis.

Avec AFP et Reuters

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