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Grégory: les rebondissements de l'enquête plus de 30 ans après le crime

© AFP/Archives | Photo d'archives datée du 11 juillet 1985 montrant les bords de la Vologne où a été retrouvé le corps du petit Grégory Villemin, le 16 octobre 1984, pieds et poings liés. AFP PHOTO MARCEL MOCHETPhoto d'archives datée du 11 juillet 1985 montrant les bords de la Vologne où a été retrouvé le corps du petit Grégory Villemin, le 16 octobre 1984, pieds et poings liés. AFP PHOTO MARCEL MOCHET

PARIS (AFP) - 

Trois décennies après le meurtre de Grégory Villemin le 16 octobre 1984 dans les Vosges, l'affaire du petit garçon jeté pieds et poings liés dans la rivière Vologne connaît de nouveaux rebondissements depuis juin 2017.

- 14 juin 2017: un rebondissement inattendu -

Trois membres de la famille du père de l'enfant, Jean-Marie Villemin, sont placés en garde à vue à Dijon. Ce sont Marcel Jacob, 72 ans, grand-oncle de Grégory, sa femme Jacqueline, 72 ans, et une tante de l'enfant, Ginette Villemin, 61 ans.

Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, évoque des arrestations pour "complicité d'assassinat" et "non-assistance à personne en danger".

Les trois gardés à vue font partie du "clan (de Bernard) Laroche", premier suspect de l'affaire, tué en 1985 par son cousin Jean-Marie Villemin, père de Grégory.

En permettant de reconstituer la chronologie avant et après le crime, le logiciel d'analyse criminelle Anacrim a révélé des incohérences.

Les grands-parents paternels de Grégory, Albert et Monique, sont entendus comme témoins.

- Plusieurs personnes impliquées -

"Plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime", estime le juge chargé de l'instruction, évoquant un couple dont l'homme, moustachu, a procédé à des surveillances les jours le précédant.

De nouvelles expertises d'une lettre manuscrite anonyme reçue en 1983 par Jean-Marie Villemin sont "confondantes" pour Jacqueline Jacob, selon lui. Une lettre de menaces de mort, de 1989, "implique" aussi la grand-mère Monique. La lettre de revendication du 16 octobre 1984 présente des similitudes avec celle de 1983.

Ginette Villemin est remise en liberté le 15 juin.

- Les Jacob et Murielle Bolle mis en examen -

Le 16 juin, Marcel et Jacqueline Jacob sont mis en examen et incarcérés pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Ils nient "toute participation aux faits" et leur avocat dénonce l'absence d'éléments matériels.

Le 20, le couple est libéré mais le contrôle judiciaire leur impose de demeurer séparés et éloignés de leur domicile vosgien.

Après vingt-quatre heures de garde à vue, Murielle Bolle, 48 ans, est mise en examen pour "enlèvement suivi de mort" et incarcérée. Âgée de 15 ans à l'époque des faits, ce témoin clé avait affirmé, avant de se rétracter, avoir vu son beau-frère Bernard Laroche emmener l'enfant dans sa voiture puis l'avoir déposé quelque part.

Un cousin de Murielle affirme que sa rétractation est due à des violences de son entourage, ce qu'elle conteste.

Le 11 juillet au soir, le premier juge d'instruction de l'affaire, Jean-Michel Lambert, 65 ans, se suicide chez lui, au Mans.

La confrontation entre Mme Bolle et son cousin, le 28 juillet, ne donne rien. Elle est libérée le 4 août, sous contrôle judiciaire.

- Les Jacob restent éloignés des Vosges -

Le 10 septembre, le Journal du Dimanche cite un rapport de gendarmerie qui "affirme que Bernard Laroche est l'auteur de l'enlèvement", en compagnie de Mme Bolle, une deuxième équipe ayant tué l'enfant.

Le 4 octobre, les avocats des époux Jacob déclarent avoir la preuve qu'ils participaient à une réunion syndicale à leur travail au moment du crime. Des alibis "invérifiables" pour l'avocat des parents Villemin.

La cour d'appel autorise finalement M. et Mme Jacob à rentrer chez eux le 20 décembre, puis Mme Bolle le 25 avril 2018.

- Mises en examen annulées -

Le 16 mai, la chambre de l'instruction de Dijon annule les mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacom et lève leurs contrôles judiciaires.

Selon la défense de Mme Bolle, la chambre de l'instruction a considéré "qu'il n'y avait d'indice grave et concordant laissant à penser qu'elle ait pu participer à l'infraction qui lui est reprochée".

© 2018 AFP