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Economie

Pendant que Donald Trump préside, ses affaires continuent

© Jim Watson, AFP | Le Trump International Hotel est devenu l'une des principales sources de revenus de l'empire Trump.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 17/05/2018

Le premier bilan financier de l’empire de Donald Trump depuis son accession au pouvoir a été publié, mercredi. Il contient une potentielle bombe politique et des informations imparfaites sur ses affaires.

C’est un rapport financier sur lequel plane l’ombre de l’ex-star du X Stormy Daniels. Le président américain Donald Trump a rendu public, mercredi 16 mai, le document récapitulatif de la santé de son empire financier. Mais le détail de ses revenus en un an n’a pas pesé lourd aux yeux des médias américains qui n’ont eu d’intérêt que pour une note de bas de page : celle qui indique un remboursement de plus de 100 000 dollars à Michael Cohen, l’avocat personnel du locataire de la Maison Blanche.

Est-ce la preuve noir sur blanc que Donald Trump était au courant que son conseiller avait payé 130 000 dollars à l’ancienne actrice porno, en 2016, pour la convaincre de ne pas révéler sa liaison avec celui qui était alors candidat à la présidence ? Impossible de répondre à cette question : le document financier ne précise par la nature de la dette que le président a remboursée.

Au moins 453 millions de dollars revenus

Le rapport apporte, pourtant, des réponses sur d’autres points, moins sexy, mais tout aussi sensibles. Le document de 92 pages fournit les premières indications sur l’influence potentielle que Donald, le président, a pu avoir sur la fortune de Trump, l’homme d’affaires.

Après les élections de novembre 2016, les spéculations étaient allées bon train sur les éventuels conflits d’intérêt et la tentation pour Donald Trump d’utiliser sa stature de président pour faire fructifier ses affaires. S’il l’a fait, l’homme qui se vante d’être un maître dans l’art de faire des affaires n’a pas brillé.

Entre mai 2017 et mai 2018, l’empire de Donald Trump a généré un chiffre d’affaires d’au moins 453 millions de dollars et ses actifs ont atteint une valeur minimum d’1,4 milliard de dollars*. Des résultats similaires à 2016, où le chiffre d’affaires de la myriade de sociétés de celui qui venait d’être élu président avait été de 596 millions de dollars sur 16 mois.

L’un de ses hôtels a eu une très bonne année, ce qui risque de susciter une controverse. Le luxueux Trump International Hotel, ouvert fin 2016 à Washington aux abords de Capitoll Hill, a généré 40 millions de dollars de revenus, ce qui en fait l’une des principales machines à cash de Donald Trump. Le Washington Post souligne que depuis son ouverture, cet hôtel a reçu 59 réunions de groupes politiques, la visite de 25 associations professionnelles et lobbies ainsi que des délégations de sept pays étrangers. Si ces visiteurs ont opté pour cet établissement car il appartient au président, il y aurait un clair conflit d’intérêt. Mais un tel lien de cause à effet est difficile à établir.

Quand c’est flou...

L’accession à la présidence des États-Unis semble n’avoir, en revanche, pas été une bonne affaire pour les golfs du président. Le célèbre complexe de Mar-a-Lago a rapporté moins d’argent qu’en 2016, tout comme le Trump National Doral, en Floride, dont le chiffre d’affaires a baissé de plus de 30 %.

Mais ce rapport financier ne permet pas de conclure si le président s’est enrichi ou non. Donald Trump a utilisé toutes les subtilités possibles pour brouiller les pistes. Ainsi la loi lui permet de ne déclarer que les revenus et pas les bénéfices. Le président s’est donc gardé de préciser à quel point ses hôtels étaient profitables. Les données fournies ne comportent pas les dépenses comme les investissements, l’entretien ou encore les salaires du personnel.

>> À lire sur France 24 : L’hôtel de Trump à Washington : un symbole des risques de conflit d’intérêts

La possibilité de n’indiquer que des ordres de grandeur pour les revenus ajoute encore à l’imprécision de ces données. Par exemple, le document indique que Donald Trump reçoit entre 100 000 et un million de dollars de la part de promoteurs immobiliers turcs qui utilisent le nom du président pour des tours construites à Istanbul.

Il en va de même pour la valeur des biens. Les règles permettent au président de se contenter d’indiquer, le cas échéant, qu’un actif vaut “plus que 50 millions de dollars” sans entrer dans le détail. Ainsi, la déclaration présidentielle liste-t-elle une cinquantaine d’immeubles qui entrent dans cette catégorie. Si, dans le document, le complexe de Mar-a-Lago vaut autant que la tour de Donald Trump en plein cœur de Wall Street, la réalité est tout autre. D’après le magazine Forbes, la retraite favorite en Floride de Donald Trump est estimée à 160 millions de dollars alors que l’immeuble au centre du quartier financier de New York vaudrait environ 345 millions de dollars.

Une autre information absente de ces déclarations financières concerne les montants reçus de locataires de ces immeubles. Forbes rappelle que la marque italienne de luxe Gucci paie environ 20 millions de dollars par an pour occuper des locaux dans la Trump Tower à New York. Un loyer qui n’apparaît pas dans ce récapitulatif. Combien d’autres Gucci existe-t-il ?

"Ce formulaire n’a pas été pensé pour des personnes comme moi [des milliardaires, NDLR], mais pour des politiciens”, avait reconnu Donald Trump durant la campagne présidentielle de 2016. Il a, en tout cas, parfaitement compris comment en tirer profit.

*La loi permet à Donald Trump de se contenter d’une fourchette pour les revenus et il peut même, pour ses biens les plus chers, indiquer simplement qu’ils ont “une valeur supérieure à cinq millions de dollars”.  

Première publication : 17/05/2018

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